Congo-Kinshasa: Félix Tshisekedi - Le maître d'école !

La démission de l'ancien Premier ministre Samy Badibanga, au poste de premier vice-président du Sénat serait-elle une leçon que le président de la République Démocratique du Congo est en train de donner aux politiciens ? La partition de Badibanga dans le combat pour la rupture de la coalition FCC-CACH n'est pas à négliger quand il s'agit de comprendre chacune de ses actions dans un contexte où l'Union Sacrée de la Nation (USN) est au maquis pour la sortie du gouvernement des warriors.

L'actuel président de la République s'est fait accompagner de ce politicien silencieux et stratège dans tous les moments durs de la coalition. Samy Badibanga n'a-t-il pas été vu aux côtés de Félix Tshisekedi au moment où l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), voulait porter la candidature de Patricia Nseya à la première vice-présidence à l'Assemblée Nationale, en remplacement de son président a.i, Jean-Marc Kabund ? Ne l'a-t-on pas vu à la cérémonie de prestation de serment des juges constitutionnels ? N'a-t-il pas accompagné Modeste Bahati Lukwebo, alors informateur, à identifier une nouvelle majorité au profit du président de la République ? Sa démission du bureau du Sénat, le vendredi 5 mars, trouve sens dans la compréhension des enjeux politiques de l'heure et dans la recherche des réponses aux questions ci-haut.

Apparemment, Félix Tshisekedi, dans la vision de l'USN, veut mettre tous les poids lourds d'accord. Pas plus d'une semaine que les membres d'Ensemble pour la République se disaient déçus de l'élection du bureau définitif de la Chambre Haute du Parlement. Le katumbiste Muhindo Nzangi s'exprimant sur les antennes de la Radio Top Congo a, au nom de sa famille politique, déclaré que ce qui s'est pas au sénat n'était pas le reflet de la vision de l'Union Sacrée de la Nation. Certains katumbistes menaçaient de quitter l'USN si le poids politique de leur regroupement est toujours foulé aux pieds. Certaines bouches auraient déclaré dans l'anonymat que Moïse Katumbi est venu à Kinshasa pour calmer les tensions au sein de l'USN. Arrivé mercredi 3 mars, le Chairman a rencontré le Premier Ministre jeudi 4 et vendredi 5 mars, Samy Badibanga démissionne de son poste de vice-premier président du Sénat, pourtant recherché par la famille politique de Katumbi. Quelle coïncidence !

Pourquoi Badibanga a-t-il démissionné ?

Calmer les tensions au sein de l'USN, donner la première- vice présidence du Sénat à l'Ensemble pour la République, voilà ce qui semblait juste quant à la recherche de l'équilibre de partage des postes au Sénat. Les coulisses de cette démission citent même le nom d'Endundo comme successeur de Samy Badibanga. Félix Tshisekedi, initiateur de l'USN, aurait sans doute joué un rôle dans cette situation tout en rassurant son homme de confiance, qui a défié les ordres du parlement en participant à la cérémonie de prestation de serment des juges de la Cour des cours, un point culminant des conflits FCC-CACH qui ont causé la scissiparité de la coalition.

Badibanga quitte pour aller où ?

A moins que les observateurs avisés tapent aussi à côté comme peut se tromper tout humain. Le maître de jeu est connu, et celui qui a le bâton de commande. Il dicte ses leçons, réprime et impose quand il veut. Félix Tshisekedi ne tolérerait jamais la démission de son homme de confiance s'il n'a pas un projet, un grand projet avec lui. Ancien conseiller spécial de l'opposant historique Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Samy Badibanga serait sans doute bien parti pour jouer un rôle très important dans la préséance au sein du Gouvernement Sama Lukonde.

Prochain ministre de l'intérieur ?

Seul le maître d'Ecole Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, sait où mettre son homme de confiance. Mais les avisés ne pourraient pas s'empêcher d'imaginer Badibanga à la tête du ministère de l'intérieur. C'est l'un des grands postes qui peuvent aider l'autorité morale du regroupement « Les Progressistes » à équilibrer son statut d'ancien premier ministre afin d'aider Tshisekedi dans la réalisation de sa vision. La CENI, la Police, la DGM, les entités territoriales déconcentrées et décentralisées, les Chefs coutumiers, et les services de renseignement sont au contrôle du ministère de l'intérieur.

Certes, Félix Tshisekedi a besoin des hommes de confiance aux côtés du Premier ministre même dans la préséance. Qui est cet homme si ce n'est pas Samy Badibanga qu'on voit partout avec le Chef de l'Etat et qui a de l'expérience dans la conduite d'une équipe gouvernementale. Une autre possibilité, c'est que Samy Badibanga a déjà formé un Gouvernement et sa permanence actuelle peut aider Jean-Michel Sama à une mouture convenable. La plume a prévenu et le reste c'est l'avenir.

Pour rappel, le président du Sénat, le Professeur Modeste Bahati Lukwebo a annoncé vendredi 5 mars la démission de Samy Badibanga Ntita, du poste de premier Vice-président de la Haute Assemblée du parlement, et ce, pour des raisons de convenance personnelle.

Plus de: La Prospérité

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.