Congo-Kinshasa: Célébrant son jubilé ce lundi 8 mars - Cyrille Zuma lance un appel à Maman Denise Nyankeru

interview

C'est une première dans l'histoire du football congolais ! Sous le haut patronage du président de la Fédération congolaise de football association (Fecofa), Constant Omari Selemani, la Famille Congo Football (FCF), organise un jubilé en l'honneur de l'ancien capitaine des Léopards football dames, Cyrille Zuma, ce lundi 8 mars, au stade des Martyrs de la Pentecôte, en marge de la journée internationale de la femme.

Un évènement de taille qui sera marqué par un match de gala qui mettra aux prises les anciennes et les nouvelles joueuses de l'équipe nationale de la RDC. Cyrille Zuma qui se dit très flattée par cette reconnaissance de la part de la Fecofa, raconte que le football pour elle c'est un don gratuit de Dieu. Elle l'a dit à La Prospérité dans un entretien, vendredi, dans son quartier, à Ndjili. Ci-après, le rendu de cet échange.

Dans quel état d'esprit vous aviez accueilli la nouvelle de la Famille Congo Football organisant un jubile ce lundi 8 mars en votre honneur ?

La nouvelle est tombée au moment où je ne m'attendais même pas. J'ai été très surprise de l'apprendre, et lorsque je me suis rendu compte que l'information était réellement vraie, j'ai dit tout simplement merci à Dieu. En tout cas, il n'abandonne pas les seins. Merci également à la FCF, la Famille Congo Football, merci à la Fecofa avec son président Constant Omari Selemani que nous appelons affectueusement "l'homme moderne", ainsi qu'à l'ensemble du monde sportif. C'est un grand honneur, et je crois que c'est la première fois ici en RDC. Je vous dis, je suis honoré.

Vous êtes honoré, vous c'est qui, qui est Cyrille Zuma ?

Cyrille Zuma c'est une digne fille de ce pays qui a joué au football pendant à peu près 15 ans. J'ai servi le pays à ma manière, j'ai donné ce que je pouvais donner, j'ai mis fin à ma carrière en tant que joueuse, et maintenant je suis devenue encadreur, où j'évolue dans une équipe masculine de la deuxième Division de l'Entente urbaine de football de Kinshasa Tshangu. Je suis détentrice d'un diplôme Fédéral C.

J'ai commencé à jouer au football toute petite, je jouais d'abord avec les garçons, avant d'intégrer le FC Kimbanseke, une équipe de mon quartier dans les années 96-97. J'ai fait preuve de mon talent, et j'ai été vite recrutée par le FC Milinga, une grande équipe de football féminin de Matete à l'époque. C'est ici que je vais recevoir une formation un peu élevée, parce que j'étais bien encadrée par les dirigeants de cette équipe que je salue en passant. On avait un championnat très engagé qui nous a rendus encore plus compétitive. Et de là, je vais être sélectionnée à l'équipe nationale. Le football pour moi c'est un don gratuit de Dieu.

Etiez-vous surprise de votre sélection à l'équipe nationale ? C'était comment ?

Parce qu'on avait vraiment du talent, et qu'on avait aussi une grande équipe composée de joueuses de talents comme des Vavadio, qui est devenue Directeur Technique en Angola et d'autres. En tout cas, personnellement, je n'étais pas surprise. Je me souviens ce jour-là, nous étions vraiment dans la joie, parce qu'on nous avait dit qu'on était sélectionnées pour aller à la Coupe d'Afrique des Nations. Et cette première expérience était bien passée, nous avions ramené des médailles de bronzes au pays.

Vous vous rappelez encore de votre premier match international, c'était contre quelle équipe ?

Oui je me rappelle bien, c'était contre l'Egypte, en 1998, je n'étais pas encore titulaire. J'étais sur le banc, et le coach Médard Lusadisu m'avait fait entrer en deuxième période ; j'ai donné le meilleur de moi, et on avait gagné ce match 4-1. Et depuis, je suis restée dans cette équipe nationale, où j'ai passé toute ma jeunesse, j'ai grandi dans cette équipe nationale, je prenais ça comme l'équipe de mon Père, parce que je dirais, je marchais avec cette équipe dans ma poche.

Parlons de la Coupe du Monde...

Les deux éditions de la Coupe du Monde étaient bien passées, nous les avons préparées à notre manière, on a donné le meilleur de nous, et c'est resté aujourd'hui gravé dans les annales du football tant ici au Congo, et dans le Monde. Nous avons joué, on n'était pas complexé, et on n'avait pas peur de n'importe quel adversaire, parce qu'à l'époque on avait vraiment un championnat de football féminin ici au pays. Vous vous rappelez comment le match Grand Hôtel Kinshasa contre Force Terrestre du Général Gabriel Amisi mobilisait du monde au stade Cardinal Malula sur Kambare, dans la commune de Kinshasa. Ce sont ces genres des derbys qui nous manquent aujourd'hui.

Pour revenir à la Coupe du Monde, je vous dis, nous tous nous pratiquons le même football. La différence, ce qu'en Europe, les choses sont mieux organisées qu'en Afrique, particulièrement, ici dans mon pays.

Tout s'est bien passé alors que vous n'aviez gagné aucun match, c'était quoi le problème ?

Le problème (rire), c'est comme je vous disais tantôt, c'est l'organisation. Mais logiquement parlons-en, elles sont au-dessus par rapport à nous. Nous ne sommes pas encore arrivés, surtout en termes de préparation et conditions de travail, quand bien même les talents sont là. Lorsqu'il faut préparer une compétition comme la Coupe du Monde, les Européens mettent des moyens conséquents.

Quel est le match où vous vous étiez dit que c'était vraiment impossible pour vous ?

Impossible c'est peut-être exagéré. Mais, parce que vous le voulez, je vous dirais le match contre le Japon. On avait encaissé 3 ou 4-0 comme ça. Non, c'était un match qui m'a marqué en mal. Je vous dis, les Japonaises étaient comme des garçons, elles nous ont fait courir toutes les 90 minutes dans tous les sens sans repos. Ah oui, c'est le foot !

Quand est-ce que vous aviez arrêté de jouer au football ?

Officieusement, j'ai arrêté en 2012, mais officiellement je vais arrêter ce lundi 8 mars 2021, à l'occasion de ce jubilé en mon honneur. J'en profite pour lancer un appel à toutes les Mamans de venir très nombreuses au stade des Martyrs de la Pentecôte célébrer le jubilé avec moi. C'est une grande journée qui nous concerne nous les Mamans. J'invite aussi les jeunes talents qui jouent encore au football d'être là, leur présence me fera du bien. Qu'ils viennent me soutenir, je vais moi-même jouer, et ce sera le tout dernier match de ma carrière, qu'elles viennent me soutenir.

Avez-vous un dernier mot ?

Mon dernier mot c'est à l'endroit des autorités, particulièrement à Maman Denise Nyankeru. Maman, je suis votre fille, j'ai longtemps joué au football pour l'honneur de ce pays, je fête mon jubilé ce lundi 8 mars, je voudrais que je sois aussi soutenu par vous, Maman, la Première dame. Merci.

Plus de: La Prospérité

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