Cameroun: Les femmes aux commandes

Elles coordonnent depuis hier, la production du quotidien bilingue national. Une activité rehaussée par la participation du directeur de la publication, Marie Claire Nnana.

Un fait inédit à la direction de la rédaction de Cameroon Tribune. Pour la première fois, les dames ont pris les rênes de la production du journal. C'est dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme (JIF). Donnant ainsi tout son pesant d'or au thème retenu pour cette 36e édition : « Leadership féminin pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 ». Rassemblées, dès 9h, elles ont, sous le regard admiratif de leurs collègues hommes, échangé sur le menu du jour.

L'exercice a consisté en la critique de l'édition précédente, la présentation des menus des différents services (politique, économie, société et culture, sport, étranger). Le tout, sous la coordination d'Yvette Mbassi Bikélé, en sa double qualité de Directeur de la rédaction (Drct) et de rédacteur en chef. Méticuleuse et veillant à l'approche participative, le Drct relançait l'assistance à la fin de chaque étape. « En dehors des services, quelqu'un aurait-il des observations ou des propositions à faire sur le menu qui vient d'être présenté ? », avant de passer à autre chose. La prise du pouvoir des dames s'est également traduite dans les différentes rubriques du journal. Notamment en page 2 et dans ses billets d'humour et d'humeur. Ainsi, alors qu'Eulalia Amabo, aura la responsabilité de rédiger « Talk Shop », Jocelyne Ndouyou Mouliom, donnera la voix à une « Image » muette en lui collant des mots, tandis que Josiane Matia, égayera l'humeur des lecteurs à travers « Coup d'Griff ».

Au sortir de cette réunion, Yvette Mbassi Bikélé, Jocelyne Ndouyou-Mouliom et Marthe Ombikoti, seront surprises, dans un coin de la salle de la rédaction, en pleine concertation. « J'avais prévue 32 pages, mais je vais devoir passer à 40, parce qu'il y a les pages thématiques à prendre en compte, étant donné qu'elles sont en rapport avec le 8 mars. Du coup, je vais devoir refaire le chemin de fer », explique Marthe Ombikoti, chef service artistique, pour la circonstance. Cette ambiance studieuse sera de temps en temps ponctuée par des éclats de rire et des propos d'encouragements à l'endroit des dames.

Sur ces entrefaites, une autre silhouette féminine, et non des moins illustres de l'entreprise, effectue son entrée dans la salle de rédaction. Marie Claire Nnana, directeur de la publication (DP) de Cameroon Tribune, vient prendre part à la conférence des titres. Il est 13h40. « Je suis venue vous encourager et vous dire que ce que vous faites est un jeu sans être un jeu. Il est question de montrer qu'on peut vous faire confiance. Et si vous travaillez deux fois mieux que les hommes, il est évident que l'on vous confiera plus de responsabilités », déclare-t-elle, passant la parole au Drct pour le déroulé des titres collectés auprès des services. D'intenses échanges s'en suivent pour trouver les meilleures formulations des titres à la vue et leur classement. En retrait, le DG écoute, pose de temps en temps des questions. Au terme de cet exercice, le directeur de la publication a encouragé ses consœurs. « Vous vous en sortez plutôt bien. Il ne vous reste qu'à faire ce qu'il faut pour arriver au sommet. » Et de conclure en disant « Bonne fête malgré tout ».

Requinquées par cette visite du DP, les dames de la Drct ont redoublé d'efforts dans le travail, hantées qu'elles étaient, de produire un journal de qualité dans les délais. Rendu à la phase du bouclage, l'on pouvait voir les allées et venues incessantes de la responsable du service artistique chez Yvette Mbassi Bikélé, question de lui faire valider les pages montées. « La marche de ça ! Mes pieds me feront certainement mal aujourd'hui avec les navettes que je fais », relève, souriante, Marthe Ombikoti. C'est sur une note de satisfaction d'un devoir bien accompli que s'est achevée la journée du 7 mars, avec l'objectif de faire mieux ce jour.

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