Cameroun: IST, Vih-SIDA, Covid-19 - Le « vaccin social » inoculé à Mekoto

Le CIRCB était en campagne vendredi et samedi derniers dans l'arrondissement de Mintom, région du Sud.

« Prévenir vaut mieux que guérir. Pour prévenir, il faut connaître ». Dixit Dr Nelly Kamgaing, médecin en poste au Centre international de référence Chantal Biya pour la recherche sur la prévention et la prise en charge du Vih-Sida (CIRCB). L'entrée en matière justifie la campagne que l'institution a organisée le week-end dernier à Mekoto, dans l'arrondissement de Mintom, particulier pour son brassage des populations et frontalier du Congo. De plus, les statistiques de toute la région du Sud en matière d'infection à Vih donnent le tournis. En 2020, alors que le taux de prévalence national est à 2,7%, il culmine à 5,9% dans cette partie du pays. Les plus touchés ? Les 15 - 24 ans, avec trois fois plus de filles que de garçons. Des raisons suffisantes pour prendre à nouveau le taureau par les cornes, après une première campagne d'éducation préventive menée en 2017.

Particulièrement ciblés cette fois, les élèves des lycées technique et classique ainsi que de l'école publique de Mintom, à 55 Km de Mekoto. Et aussi ceux de l'école publique de Koungoulou, un village voisin. Leurs enseignants et parents étaient également de la partie. Au menu du module de formation dédié : les connaissances à maîtriser si on veut se mettre à l'abri des Ist et du Vih-Sida. Modes de transmission et de prévention, les traitements, la disponibilité des antirétroviraux sur l'ensemble du pays, les mécanismes d'accès, etc. Et une pluie de conseils aussi. « Pour les élèves, nous recommandons fortement l'abstinence sexuelle. Les filles particulièrement doivent prendre soin d'elles-mêmes, en veillant à rester vierges jusqu'au mariage », a soutenu Dr Kamgaing. Pour les autres, fidélité à un seul partenaire, utilisation systématique du préservatif en cas de doute ont été prescrites. De même que la communication entre parents et enfants, sur ces sujets qui sont encore tabous dans certaines communautés.

Contexte sanitaire oblige, les cibles ont également été sensibilisées sur la pandémie du Covid-19. Les chiffres sur la maladie au terme du mois de février (cas confirmés : 35 714, décès : 551, guéris : 32 594 soit 91%, cas actifs : 2 672, hospitalisés : 228 dont 53 sous oxygène) ont particulièrement retenu l'attention du public, faisant pousser des cris d'étonnement à certains qui doutaient encore de sa présence dans le pays. Populations les plus touchées (les 30 - 39 ans, les hommes plus que les femmes), personnes à risques, symptômes, moyens de prévention... Toutes les informations nécessaires ont été rendues disponibles. « On peut avoir le Covid-19 sans manifester les symptômes. Raison pour laquelle chacun doit veiller à appliquer scrupuleusement les mesures barrières prescrites par le gouvernement et l'Oms », a insisté la formatrice, Dr Sylvie Moudourou du CIRCB.

Adossés à la formation, des dépistages gratuits, volontaires et anonymes du Vih, des hépatites C et du Covid-19 ont été organisés sur les deux jours. Résultats : six cas positifs sur 120 tests du vih réalisés Soit un taux de séroprévalence de 4,6%, en nette amélioration par rapport à celui de 2017 qui était de 16,6%. S'agissant du Covid-19, sur 59 tests effectués, un seul est revenu positif. Ce qui n'exclut pas l'existence de plus de cas dans la zone, les tests PCR, les plus fiables, n'ayant pas été utilisés à cause de la lourdeur du mécanisme. Les 28 tests d'hépatite C, eux, ont donné un cas positif. D'où l'invite du Pr. Alexis Ndjolo, directeur général du CIRCB, à plus de vigilance. De nombreuses personnalités, autorités administratives et élites dont le Dg de l'ART, Pr. Philémon Zoo Zame, ont accompagné le processus.

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