Madagascar: Manifestation - L'opposition entretient l'illusion

Les députés de l'opposition affirment que la manifestation de samedi n'était qu'un début. Reste à voir quel nouveau tour ils vont sortir de leur sac et quelle sera la réponse des autorités.

Ce n'est pas une finalité. Une expression martelée par les députés du parti Tiako i Madagasikara » (TIM), à l'issue du meeting de samedi, sur la place du Magro de Tanjombato.

Une expression réaffirmée sur le plateau du Miaramanonja, hier. Ils invitent, justement, leurs partisans à ne manquer aucune des émissions quotidiennes du mouvement d'opposition afin de ne pas rater les consignes à suivre, pour la prochaine messe politique.

Dès la fin du rapport d'activité parlementaire fait par les députés TIM d'Antananarivo, les porte-voix de l'opposition ont affirmé qu'ils ne comptent pas en rester là. « Ce n'est pas l'objectif, c'est juste une étape », soutient le député Mamy Rabenirina. La députée Hanitra Razafimanantsoa ajoute que cette étape aurait permis aux militants de l'opposition de « surpasser leurs craintes et appréhensions par rapport aux intimidations du pouvoir ».

Bien que le taux d'affluence au meeting de samedi prête à débat, maître Razafimanantsoa plaide qu'il s'agit « d'une démonstration de force, d'un test grandeur nature de notre conviction », sur la capacité de mobilisation de l'opposition. Elle défend « la réussite » du rendez-vous, malgré le temps réduit pour faire passer l'information quant au changement de lieu. De Soamandrakizay, au départ, les députés TIM ont finalement tenu leur rapport au Magro de Tanjombato.

Pour l'heure, s'ils martèlent qu'ils ne s'en tiendront pas à la manifestation de samedi, l'opposition entretient le suspense sur le format ou le moment du nouveau rendez-vous populaire qu'elle compte organiser. Toujours sur les ondes du Miaramanonja , hier, le député Fidèle Razara Pierre parle de « ramification des forces ».

Noeud gordien

Le député d'Ambaton- drazaka lance un appel « à la cohésion », pour « réclamer une vraie démocratie et lutter contre l'excès de pouvoir », selon ses dires. À entendre le député Razara Pierre, la mobilisation générale de ceux qui contestent la politique et la démarche du pouvoir conditionnera les prochains rendez-vous initiés par les députés TIM qui sont, également, les principales voix du Miaramanonja.

« Bien que cela prenne un peu de temps, nous y parviendrons. Lorsque les conditions seront réunies, lorsque nous serons unis, nous vous dirons quelle sera la prochaine étape », déclare le député d'Ambatondrazaka. C'est lui, justement, qui a annoncé à Imerinkasina, le 6 février, que le coup d'envoi de l'intensification du mouvement d'opposition démarrera, à partir du 13 février. « Ce sera le début, quant à la fin, je ne sais pas », a-t-il alors soutenu.

Jusqu'à samedi, toutefois, toutes les tentatives de manifestation publique de l'opposition ont été tuées dans l'œuf par les autorités. Prenant systématiquement comme référence les dérives dans les discours des orateurs durant l'excursion d'Imerinkasina, le général Angelo Ravelonarivo, préfet de police d'Antananarivo, a posé son véto contre toute manifestation politique. Une intransigeance qui, de prime abord, ne s'applique qu'à l'opposition.

Le préfet de police aurait donc fait une exception pour le rapport public des députés TIM, puisqu'il s'agit d'une prérogative légale. Le général Ravelonarivo souligne, cependant, que « le rapport ne se fait qu'une fois. Qu'il n'est pas question d'en faire tous les week-ends ». La députée réplique en assénant qu'«aucune disposition légale ne le dit ». Elle ajoute que d'autres députés TIM n'ont pas encore fait leur rapport public.

Sur leur lancée, les porte voix du TIM scandent à l'unisson « l'État en accordant la place du Magro de Tanjombato a démontré qu'il n'est pas nécessaire de le faire dans la circonscription d'origine ». Après l'épisode de samedi, un nouveau bras de fer entre les autorités étatiques et l'opposition pourrait à nouveau s'engager d'ici peu.

Un nouveau jeu d'action et de réaction avec comme argument l'ordre public pour le pouvoir et la liberté démocratique pour l'opposition va se déclencher incessamment. Un nœud gordien qui ne saura être dénoué sans une bonne foi de part et d'autre. Une vertu rare dans l'arène, brisant souvent l'illusion de ceux qui aspirent à un jeu politique sain.

Plus de: L'Express de Madagascar

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