Afrique: Washington classe les shebabs du Mozambique dans les «groupes terroristes» affiliés à l'EI

En Mozambique, le mouvement des shebabs, « les jeunes » en arabe, est né il y a environ quelques années, dans la province du Cabo Delgado, tout au nord du pays, à la frontière avec la Tanzanie. Ce mouvement, qui revendique une application stricte du Coran, est estimé à plusieurs centaines de sympathisants.

Mercredi 10 mars, les États-Unis ont désigné les ADF, les Forces démocratiques alliés, actives en RDC, et Daech Mozambique comme des « organisations terroristes étrangères » et « groupes terroristes mondiaux expressément désignés ». Ces classifications, qui englobent leurs leaders respectifs, Seka Musa Baluku et Abu Yasir Hassan, ont entraîné une série de sanctions.

« Daech-Mozambique, également connu sous le nom d'Ansar al-Sunna, aurait prêté allégeance à Daech dès avril 2018 et a été reconnu par le noyau de Daech en tant qu'affilié en août 2019 », explique le département d'État américain dans son communiqué de mercredi. Depuis octobre 2017, ce groupe, connu localement sous le nom d'Al-Shabab « aurait tué près de 1 200 civils », rappelle-t-il.

« Vous avez quelque chose comme 2 000 victimes civiles et jusqu'à 670 000 déplacés internés dans la région de Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie », a souligné le coordonnateur du contre-terrorisme américain en Afrique, John Godfrey, qui s'alarme de la présence dans cette région du nord-est « de sociétés privées russes et sud-africaines notamment ».

« La présence de ces entités n'a pas aidé le gouvernement de manière évidente face à la menace terroriste. Or comme ces sociétés fonctionnent en dehors de tout partenariat international, elles ont historiquement une tendance à être moins responsables dans le domaine des droits de l'homme et des conflits armés. Franchement leur présence complique la situation au lieu d'aider. »

Crise transfrontalière

Si le coordonnateur du contre-terrorisme américain estime que le Mozambique est « au cœur de la crise », il ne nie pas pour autant « qu'il y a un problème transfrontalier avec la Tanzanie ».

« Nous en avons vu des illustrations avec les attaques, en Tanzanie, en provenance du Mozambique, en octobre dernier. La crise au Mozambique a des ramifications dans le sud de la Tanzanie. L'éventuelle coopération terroriste entre les deux côtés de la frontière n'est pas encore clairement établie. On continue à travailler dessus. Mais l'aspect transfrontalier de la crise est indéniable, il est inquiétant et c'est pour cela que nous concentrons nos efforts aussi dessus. »

John Godfrey a rappelé que le défunt chef de l'EI, Abou Bakr al-Baghdadi, avait encouragé ses groupes affiliés à conduire des attaques: « Nulle part ailleurs cette tendance n'a été aussi alarmante qu'en Afrique », selon lui.

Les « groupes terroristes » désignés par les Etats-Unis et leurs responsables tombent sous le coup de sanctions américaines. Tous les biens de ces groupes aux Etats-Unis sont désormais gelés et aucun Américain n'a le droit d'effectuer des opérations avec eux. Toute institution financière collaborant à des transactions avec eux risque des sanctions.

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