Afrique: Résilience à la Covid-19, autonomisation économique, acces à la santé... - Naissance d'une plateforme de dialogue sur les initiatives pour les femmes africaines

Affiche panel « La COVID-19, Révélateur de l'Incroyable Résilience des Femmes Africaines »

«La COVID-19, Révélateur de l'Incroyable Résilience des Femmes Africaines», tel est le thème d'un webinaire organisé, en partenariat, par la Banque mondiale et le Groupe All Africa Global Media, le lundi 08 mars 2021, à l'occasion de la Journée internationale de la femme. Les six femmes panélistes ont exposé les divers problèmes rencontrés par les femmes africaines durant la pandémie de Covid-19 et proposé des solutions. A l'issue de la rencontre virtuelle, une plateforme de Dialogue sur les Initiatives pour les Femmes Africaines est née et se réunira autour de la Banque mondiale tous les 3 mois.

Ousmane Diagana, Vice-Président de la Banque mondiale pour l'Afrique de l'Ouest et Centrale rappelle que : «ce sont les femmes qui créent des opportunités pour tout le monde. Elles travaillent et assurent l'équilibre au niveau des familles et des pays. Mais le potentiel énorme dont elles disposent n'est pas transformé en véritable opportunité de développement parce que les politiques économiques et les conditions juridiques dans les pays ne sont pas toujours appropriées (... ) Il est clair qu'on ne peut pas aller de l'avant si on n'a pas une politique éducative, par exemple, qui permet un accès équitable et de qualité à toutes les personnes, en particulier aux femmes et aux filles», rapporte un communiqué sur le webinaire initié par la Banque mondiale et le Groupe All Africa Global Media, le lundi 08 mars 2021, à l'occasion de la Journée internationale de la femme, parvenu hier jeudi à la rédaction. Et de poursuivre : «la Banque mondiale soutient des programmes comme la SWEDD dans le Sahel pour récolter les dividendes démographiques. A la Banque mondiale, on ne peut pas faire passer un projet au Conseil d'administration, sans faire la démonstration que l'essence de ce projet (c'est) contribuer à réduire l'inégalité des sexes».

FINI LE TEMPS DES PAROLES, PLACE A L'ACTION

Une des participantes à ce webinaire, l'icône de la musique africaine et ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF, Angélique Kidjo appelle à agir. «Les solutions sont là. La Covid-19 nous apprend que le temps des paroles, c'est terminé, agissons ! Si on agit, en discutant avec les femmes, en amont de leurs problèmes et des solutions qu'elles ont, on avancera beaucoup plus vite». Dans ce même sillage, Dr Diène Keita, Directrice exécutive ajointe du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), ayant pris part à ce panel virtuel, dénonce «l'accroissement des violences à l'encontre des femmes pendant cette pandémie. Pire, la pandémie a poussé les prestataires de soin à réduire leurs soins de santé. Le FNUAP a constaté une augmentation des grossesses précoces et des mariages d'enfants, des mutilations génitales féminines, en plus de la perturbation de la planification familiale», lit-on dans le communiqué.

Dr Diène Keita fait un plaidoyer à l'égard des femmes. «Nous devons travailler ensemble, continuer et guider par les données parce que notre engagement est axé sur des résultats. Et nous devons innover pour que la résilience puisse être maintenue», suggère-t-elle. Et de relever que «le FNUAP salue son partenariat avec la Banque mondiale qui opère avec succès dans plus de neuf pays en Afrique de l'Ouest et du Centre. Le programme conjoint FNUAP-Banque mondiale a su, pendant la pandémie Covid-19, créer plus de 3300 espaces sûrs pour les jeunes filles et les adolescentes, plus de 1700 écoles ou clubs de maris ou futurs maris pour enseigner la masculinité positive», révèle-t-elle. Quant au ministre du Pétrole et des Energies du Sénégal Dr Aïssatou Sophie Gladima, elle met l'accent et milite «pour la réduction du coût de l'électricité qui est un intrant très important dans la chaine de production des femmes entrepreneurs». Non sans souligner aussi «l'importance de créer des espaces féminins pour favoriser l'émulation et susciter des vocations».

EXTREME VULNERABILITE DES FEMMES ET DES FILLES PENDANT LA COVID-19, AVEC UNE HAUSSE DU TRAFIC HUMAIN, DES MARIAGES PRECOCES ET FORCES

De son côté, l'activiste tchadienne pour l'environnement, Mme Hindou Oumarou Ibrahim invite les «partenaires internationaux à un changement de paradigme radical en considérant les femmes non plus comme des bénéficiaires mais comme des partenaires». Mieux, elle en appelle à «une économie respectant les savoirs ancestraux et des solutions endogènes pour faire face aux changements climatiques», indique le communiqué. Dans ce même dynamique, la panéliste Rabiatou Harouna Moussa, ingénieure informaticienne et co-fondatrice de WO'MEN Dev rappelle «l'urgence à combler la fracture numérique et démocratiser l'accès à internet, alors que la pandémie a prouvé l'importance des solutions digitales».

L'ingénieure défend «l'alphabétisation numérique pour les filles afin de les inclure dès aujourd'hui dans l'économie de demain». Histoire de se mettre «au service de la cause des femmes du Sahel» et faire «écho au message de masculinité positive» et aussi tirer «la sonnette d'alarme sur l'extrême vulnérabilité des femmes et des filles pendant la pandémie qui a vu une hausse du trafic humain pour des mariages précoces et forcés au Cameroun septentrional», mentionne le communiqué. Selon le communiqué final du panel virtuel, pour une autonomisation économique, l'accès à la santé, la préservation des droits et le renforcement des Africaines, une plateforme de Dialogue sur les Initiatives pour les Femmes Africaines est née. Elle se réunira autour de la Banque mondiale tous les 3 mois.

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