Ouganda: Mettre fin aux disparitions forcées d'opposants

L'Amérique envisage d'éventuelles sanctions contre un certain nombre d'officiers de l'armée et de la police pour violence et violations des droits de l'homme en Ouganda.
communiqué de presse

Nairobi — Il faut enquêter sur les violations et libérer les personnes détenues arbitrairement

Les autorités ougandaises devraient prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux enlèvements en cours par des agents de l'État présumés et cesser la détention illégale sans procès des partisans de l'opposition, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Le 4 mars 2021, le ministre de l'Intérieur Jeje Odongo a présenté au parlement une liste de 177 personnes en détention militaire qui avaient été arrêtées entre le 18 novembre 2020 et le 8 février 2021, prétendument pour «participation à des émeutes», «possession de militaires magasins »et« des réunions de planification de la violence post-électorale ». Le 8 mars, dans une lettre publique aux médias, le président Yoweri Museveni a déclaré que 50 personnes sont détenues par le Commandement des forces spéciales, une unité de l'armée ougandaise, pour «actes de trahison des éléments de l'opposition».

Le 18 novembre 2020, les forces de sécurité avaient durement réprimé des manifestations de personnes demandant la libération de l'opposant Robert Kyagulanyi (également connu sous le nom de Bobi Wine), candidat à l'élection présidentielle qui avait été placé en détention.

« La récente vague de disparitions forcées n'a fait qu'aggraver le climat de peur intense en Ouganda à la suite des récentes élections nationales violentes », a déclaré Oryem Nyeko, chercheur auprès de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les autorités devraient d'urgence enquêter sur ces disparitions et sur d'autres exactions, et sanctionner les individus responsables, y compris les membres des forces de sécurité. »

Les autorités devraient enquêter sur tous les cas de disparitions forcées, libérer les personnes détenues arbitrairement et poursuivre les responsables, a déclaré Human Rights Watch. Toute personne légalement détenue devrait avoir un accès immédiat à sa famille et à ses avocats, et toute personne non encore inculpée et placée en détention provisoire devrait être libérée conformément à la loi.

Entre le 17 février et le 3 mars, Human Rights Watch s'est entretenu avec 10 proches de personnes enlevées, des témoins, des membres de l'opposition et des membres de la société civile, à Kampala. Des témoins ont décrit comment des hommes armés ont arrêté des personnes dans la rue ou chez elles, et les ont emmenées dans des fourgons banalisés sans plaques d'immatriculation, communément appelés « Drones » en Ouganda. Certaines victimes ont déclaré que leurs ravisseurs les avaient battues et détenues dans des « maisons sûres » (« safe houses »), et les ont interrogées sur leur appartenance politique ou leur rôle dans les manifestations, avant de finalement les relâcher à divers endroits. Le sort de nombreuses autres personnes qui ont été enlevées et emmenées dans des « maisons sûres » n'est pas connu.

Le 5 mars, Robert Kyagulanyi (Bobi Wine) a indiqué dans un tweet que son parti, la National Unity Platform, avait établi que 423 de ses partisans avaient été enlevés et étaient toujours portés disparus, et 41 autres personnes avaient été détenues avent d'être ensuite libérées.

La constitution ougandaise, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains, exige que les autorités présente toute personne accusée d'un crime devant un tribunal dans les 48 heures suivant son arrestation. Les autorités doivent aussi garantir le droit des détenus à avoir accès à un avocat, à leur famille et à recevoir des soins médicaux, le cas échéant.

Les élections du 14 janvier ont été caractérisées par une violence généralisée et de nombreux abus. Les forces de sécurité ont agi durement contre des membres de l'opposition et des journalistes, arrêtant violemment de nombreuses personnes, dont Bobi Wine et Patrick Amuriat, un autre candidat à la présidentielle.

La détention arbitraire, les disparitions forcées, les traitements inhumains ou dégradants et la torture sont strictement interdits à tout moment en vertu du droit international et ougandais.

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