Afrique: Rage - Une application réduit de moitié le temps de vaccination des chiens

11 Mars 2021

Blantyre, Malawi — Selon une étude, une application mobile aide les vétérinaires à réduire de moitié le temps nécessaire pour achever les programmes de vaccination des chiens au Malawi et pourrait aider à réduire les menaces de rage dans les villes africaines.

L'application, connue sous le nom de World Veterinary Service Data Collection, installée sur les téléphones mobiles, facilite le suivi des équipes vétérinaires travaillant à distance, la collecte de données et la coordination efficace des équipes de vaccination en temps quasi réel.

La rage transmise par les chiens tue près de 60 000 personnes chaque année dans le monde, la plupart des cas affectant l'Afrique subsaharienne et l'Inde, selon une autre étude. L'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l'Organisation des Nation unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont fixé l'élimination des décès dus à la rage humaine par les chiens d'ici 2030.

Les chercheurs utilisant les données collectées via l'application ont pu modifier la campagne de vaccination des chiens contre la rage de Blantyre City au Malawi, parvenant à réaliser la vaccination de plus de 70% de tous les chiens de la ville en utilisant près de la moitié du temps et des ressources en personnel par rapport aux campagnes précédentes.

« Atteindre au moins 70 pour cent de couverture vaccinale des chiens par an est crucial pour la lutte contre la rage », déclare Stella Mazeri, chercheure principale et épidémiologiste vétérinaire à l'université d'Edimbourg au Royaume-Uni. « Mais il est souvent impossible d'y parvenir sans recourir à des méthodes de vaccination porte-à-porte coûteuses et exigeantes en main-d'œuvre », ajoute-elle.

L'étude, publiée dans le numéro de février des Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), a évalué les méthodes de vaccination de masse des chiens qui affectent les campagnes de vaccination urbaines nécessaires pour éliminer la rage dans les milieux pauvres comme le Malawi.

La plupart des programmes de vaccination qui ont connu du succès avec des couvertures supérieures à 70% reposent sur une combinaison d'approches de vaccination statique et porte-à-porte qui sont coûteuses et prennent du temps, selon les chercheurs.

Ainsi, Mission Rabies, une organisation caritative, a collaboré avec la Blantyre Society for the Protection and Care of Animals et l'université d'Édimbourg pour appliquer une approche basée sur les données à l'aide de l'application pour téléphone intelligent entre 2015 et 2017 afin d'enregistrer des données sur les vaccinations contre la rage et accéder à la localisation par GPS (global positioning system).

Fardeau

Dagmar Mayer, directrice nationale de Mission Rabies au Malawi, a déclaré avoir été en mesure d'augmenter le nombre de centres situés à moins de 800 mètres du domicile des propriétaires de 44 à 77.

La nouvelle campagne a permis de vacciner plus de 70% des plus de 40 000 chiens de la ville en 11 jours, contre 20 jours dans une approche précédente qui n'utilisait pas l'application, selon l'étude, ajoutant qu'elle nécessitait également 904 jours de travail cumulé du personnel au lieu de 1 719.

« L'analyse des données collectées pour chaque chien vu en porte-à-porte a montré que seuls quelques propriétaires de chiens sont prêts à marcher plus de 1 500 mètres pour amener leurs chiens à la vaccination contre la rage », explique Dagmar Mayer à SciDev.Net.

Les enfants de moins de 15 ans sont les plus exposés à la rage en raison de leur interaction étroite avec les chiens, l'espèce responsable de jusqu'à 99% des cas de rage, selon l'OMS.

« Les campagnes annuelles de vaccination de masse contre la rage canine sont donc cruciales pour réduire le fardeau de la rage chez les chiens et, ensuite, réduire le risque de rage chez l'homme », déclare Stella Mazeri.John Pirate Kothowa, vétérinaire en chef dans le district de Blantyre où l'étude a été mise en œuvre, a déclaré à SciDev.Net que « nous vaccinons un nombre élevé de chiens en deux fois moins de temps que lors des campagnes précédentes. Nous pensons que cette approche peut être étendue au niveau national. »

Kondwani Chiumia, technicien de laboratoire en chef à l'université de Lilongwe pour l'agriculture et les ressources naturelles, déclare que l'étude fournit aux secteurs de la santé et de la médecine vétérinaire des preuves fondées sur des réduire la rage en aidant à localiser ses foyers dans les communautés.

« Le secteur de la santé doit en outre participer activement aux tests de dépistage de la rage », explique Kondwani Chiumia.

« Nous pensons que cette approche sera utile comme un modèle pour concevoir des campagnes de vaccination réussies et peu coûteuses dans d'autres villes africaines, réduisant à terme la menace de rage pour les humains », ajoute Stella Mazeri.

La version originale de cet article a été produite par l'édition de langue anglaise de SciDev.Net pour l'Afrique subsaharienne.

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