Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS à l'occasion du point presse sur la violence à l'égard des femmes

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Phumzile Mlambo-Ngcuka, Directrice exécutive d'ONU Femmes,

Wendy Morton, Ministre du voisinage européen et des Amériques au Ministère des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement du Royaume-Uni,

Mes collègues de l'OMS, les Dre Claudia García-Moreno et Lynnmarie Sardinha,

Chers collègues et amis,

Bonjour, bon après-midi ou bonsoir, et merci d'être avec nous aujourd'hui pour le lancement de ce rapport très important.

Comme vous le savez, c'était hier la Journée internationale des femmes.

Lors de notre point presse habituel, nous avons célébré l'incroyable contribution de tant de femmes à la lutte contre la COVID-19, de façons très variées.

Mais nous avons également fait remarquer que l'une des conséquences des restrictions sociales mises en place pour supprimer la transmission de la COVID-19 a été l'augmentation de la violence à l'égard des femmes.

Aujourd'hui, l'OMS lance un nouveau rapport qui représente la plus vaste étude jamais menée sur la prévalence de la violence à l'égard des femmes.

Je voudrais remercier ONU Femmes pour son partenariat dans le cadre de notre programme conjoint visant à améliorer les données à l'échelle mondiale sur la violence à l'égard des femmes, et je voudrais également remercier le Royaume-Uni pour le financement qu'il fournit pour ces travaux.

Le rapport comporte des données provenant de 158 pays sur la violence exercée par le partenaire intime et la violence sexuelle exercée par quelqu'un d'autre que le partenaire, pour les femmes et les filles âgées de 15 ans et plus.

Les résultats brossent un tableau terrifiant.

On estime que 736 millions de femmes - près d'une femme sur trois dans le monde - ont subi des violences de la part de leur partenaire intime, des violences sexuelles hors du couple, ou les deux, au moins une fois dans leur vie.

Et près d'une adolescente sur quatre ayant une relation de couple a subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part d'un partenaire ou d'un mari avant son 19ème anniversaire.

À l'échelle mondiale, les femmes des pays à revenu faible ou intermédiaire de la tranche inférieure souffrent de manière disproportionnée de la violence, en particulier en Océanie, en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

La violence à l'égard des femmes n'est pas seulement criminelle, elle a des implications durables pour la santé physique, mentale, sexuelle et reproductive des femmes.

Les traumatismes, la dépression, l'anxiété, les grossesses non planifiées et les infections sexuellement transmissibles - y compris le VIH - ne sont que quelques-uns des problèmes de santé avec lesquels les femmes ayant subi des violences doivent vivre.

Le mal causé individuellement aux femmes est déjà assez grave. Mais les conséquences vont plus loin, déchirant le tissu même des familles, des communautés, des économies et des nations. Nous sommes tous perdants.

C'est un vieux problème, mais nous pouvons faire changer les choses. Nous savons ce qui fonctionne.

Nous pouvons empêcher la violence avec des outils juridiques, en réformant les lois discriminatoires ;

Nous pouvons l'empêcher avec des outils économiques, en renforçant les droits économiques et les salaires des femmes ;

Nous pouvons l'empêcher avec des outils éducatifs, moyennant des programmes scolaires qui remettent en cause les stéréotypes sexistes, favorisent des relations saines et fournissent une éducation sexuelle complète ;

Nous pouvons l'empêcher avec des outils sociaux, en remettant en question les normes sociales qui soutiennent les visions néfastes de la masculinité et tolèrent la violence à l'égard des femmes ;

Et nous pouvons utiliser des outils cliniques pour fournir des soins et un soutien de qualité aux femmes touchées par la violence.

Mais l'outil le plus puissant dont nous disposons, c'est nous-mêmes. Nous pouvons tous faire la différence, femmes et hommes.

Nous pouvons tous prendre la parole pour dire que la violence à l'égard des femmes n'est jamais acceptable.

Nous pouvons tous enseigner à nos enfants que la violence à l'égard des femmes n'est jamais acceptable.

Et nous pouvons tous traiter les femmes de nos vies avec le respect et la dignité qu'elles méritent - et que tous les gens méritent.

Je vous remercie.

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