Algérie: RSF demande l'ouverture d'une enquête sur l'agression d'une dizaine de journalistes lors d'une manifestation

communiqué de presse

A la veille de nouvelles manifestations, Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités algériennes à ouvrir une enquête pour identifier les personnes qui ont agressé une dizaine de journalistes lors d'une manifestation à Alger et les poursuivre en justice.

Aucune enquête n'a été ouverte. Cela fait pourtant cinq jours déjà que plusieurs journalistes ont été agressés alors qu'ils couvraient la manifestation hebdomadaire du vendredi du mouvement anti-régime du Hirak.

Le 12 mars dernier, des heurts ont éclaté vers 15h30, dans le centre d'Alger, lorsque le correspondant de France 24, Abdelkader Kamli a été pris pour cible alors qu'il couvrait la manifestation, par des manifestants qui lui reprochaient son manque d'impartialité. Sur sa page Facebook, Lynda Abbou, journaliste à Maghreb Emergent et Radio M, raconte : « Au début, un journaliste de France 24 a été agressé et insulté par un groupe de personnes. Présents sur les lieux, des journalistes de Tariq news et Radio M ont tenté de le protéger. Ils ont réussi à le mettre à l'abri, avant d'être attaqués à leur tour par les agresseurs. Ces derniers ont agressé une autre journaliste de Radio M et deux journalistes de Tariq news dont Mohamed Lamine Meghnine », ⦋le directeur du site d'information Tariq news, nldr⦎ qui a été violemment tabassé. Lynda Abbou a fait partie des journalistes brutalisés au même titre que ses confrères de Radio M, Kenzaa Khatto et Anis Chelouche, que les journalistes de Casbah Tribune et d'El Khabar, Madjeda Zouine et Mustapha Bastami ainsi que les journalistes et photographes indépendants, Rahem Nadjoua, Sid Walines et Samir Sid. Aucun des journalistes n'a été grièvement blessé.

" Ce type d'exaction ne doit en aucun cas rester impuni, déclare le directeur du bureau Afrique du Nord de RSF, Souhaieb Khayati. Les autorités algériennes doivent mener une enquête sérieuse et approfondie afin d'identifier et de sanctionner les auteurs des agressions. Que des manifestants s'en prennent violemment à des journalistes qui n'ont eu de cesse, malgré les risques d'arrestation, de couvrir un mouvement de contestation depuis plus d'un an est aussi incompréhensible qu' inacceptable. A la veille de nouvelles manifestations, RSF rappelle que la sécurité des journalistes est l'affaire de tous et doit être une priorité pour les autorités comme pour la société civile."

L'Algérie figure à la 146e place sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Le pays a perdu 27 places depuis 2015.

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