Cameroun: Les familles des victimes du massacre de Ngarbuh devraient pouvoir assister au procès

communiqué de presse

La justice devrait être accomplie de manière visible au procès pour ce massacre

Le procès de trois membres des forces de sécurité accusés d'être impliqués dans le meurtre de 21 civils à Ngarbuh, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, doit reprendre demain.

Le procès, qui a débuté le 17 décembre 2020 et a été ajourné à deux reprises, se déroule devant le tribunal militaire de la capitale, Yaoundé, à environ 380 kilomètres de Ngarbuh, compliquant la venue des familles des victimes. Les avocats s'inquiètent de la difficulté pour leurs clients d'assister aux audiences, tout comme du respect de leurs droits en tant que parties civiles dans l'affaire en vertu du droit camerounais. Ils préféreraient que le procès se tienne devant le tribunal militaire de Bamenda, situé plus près de Ngarbuh.

« Nos clients n'ont pas les moyens financiers de se rendre à Yaoundé », a déclaré à Human Rights Watch Richard Tamfu, l'un des avocats. « Le tribunal siégeant à Bamenda cadrerait bien avec le principe fondamental d'un accès véritable à la justice, compte tenu de sa proximité aux victimes. »

L'attaque du village de Ngarbuh le 14 février 2020 a été l'une des pires perpétrées par des soldats de l'armée camerounaise depuis le début de la crise dans les régions anglophones fin 2016. Vingt-et-un civils, dont 13 enfants et une femme enceinte, ont été tués et cinq maisons incendiées lors de cette attaque, commise par des soldats camerounais en représailles pour punir les habitants soupçonnés d'héberger des combattants séparatistes. Deux soldats et un gendarme ont été arrêtés par la suite et accusés de meurtre, incendie criminel, actes de destruction, violence à l'encontre d'une femme enceinte et violation de consigne. Dix-sept membres d'un groupe d'autodéfense et un ancien combattant séparatiste ont également été inculpés, mais ils se trouvent toujours en liberté.

Le 3 février, certaines familles des victimes de Ngarbuh ont reçu des denrées alimentaires et cinq millions de francs CFA (environ 9 000 dollars US) chacune en guise de compensation pour la destruction de leurs biens, attribuée par le gouverneur de la région du Nord-Ouest, au nom du président Paul Biya. Cette décision a été critiquée par des avocats représentant les familles, qui ont déclaré qu'il appartenait au tribunal de décider de la nature et du montant des réparations.

La participation des victimes de violations flagrantes des droits humains à la procédure pénale est un moyen essentiel de leur donner une voix dans ce contexte. Les autorités camerounaises, avec l'appui des partenaires internationaux si nécessaire, devraient veiller à ce que les familles des victimes puissent assister et participer au procès afin que leurs droits à la justice et à des réparations soient respectés.

Chercheuse Senior Sur L'afrique Centrale

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