Afrique Centrale: Renforcer le rôle des institutions régionales de santé publique pour améliorer la surveillance et le contrôle transfrontaliers des maladies

communiqué de presse

Washington — Le réseau des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et ses partenaires, dont la Banque mondiale, ont présenté aujourd'hui un nouveau rapport qui a pour objectif de contribuer au renforcement du rôle des institutions de santé publique dans la réduction des risques transnationaux de transmission des maladies infectieuses en Afrique et, plus particulièrement, en Afrique de l'Est et australe.

Intitulé Disease Surveillance, Emergency Preparedness and Response in Eastern and Southern Africa: A Situational Assessment, ce nouveau rapport, financé au titre de la Facilité Partenariat Corée/Banque mondiale, rappelle que si les efforts d'intégration du continent ont effectivement dynamisé les économies locales, ils ont dans le même temps accru les risques liés aux maladies transmissibles. D'où la nécessité de consolider les systèmes régionaux de surveillance des maladies et les capacités de riposte d'urgence. Le rapport souligne le rôle clé de la coordination régionale pour repérer les premiers signes d'une flambée épidémique et prendre les mesures nécessaires partout où elles s'imposent. Afin de préserver la santé des Africains et du reste de la population mondiale, les institutions continentales doivent être capables de détecter rapidement un foyer infectieux et d'agir efficacement à la moindre alerte, avant que la menace ne se propage.

Mis en place par le CDC Afrique avec le soutien d'un projet financé par la Banque mondiale (Projet régional de financement des investissements dans le CDC Afrique), le Réseau régional intégré de surveillance et de laboratoires (RISLNET selon son acronyme anglais) a été conçu pour exploiter au mieux les ressources limitées de l'Afrique en matière de santé publique. Il s'y emploie en harmonisant les systèmes de laboratoire, en s'appuyant sur les forces des leaders de la région et en intégrant les capacités nationales dans de vastes réseaux opérant sous l'égide du CDC Afrique et de l'Union africaine (UA). Ce dispositif est appelé à jouer un rôle décisif pour réduire le risque de propagation de maladies infectieuses, comme la COVID-19, entre États membres de l'UA. Fondé sur le concept de santé globale (approche « One Health »), le RISLNET facilite une collaboration étroite entre institutions nationales de santé publique, établissements universitaires, laboratoires publics et privés, centres d'excellence, organisations non gouvernementales et de la société civile et services vétérinaires dans le but de s'attaquer aux défis régionaux, renforcer l'état de préparation aux pandémies et organiser une détection des foyers infectieux et une riposte rapides.

Le rapport présente un plan d'action pour étendre le RISLNET, déjà opérationnel en Afrique centrale, à d'autres régions.

« Le RISLNET est une initiative phare du CDC Afrique, actuellement mise en œuvre en Afrique centrale. Les conclusions de ce rapport tombent à point nommé en offrant une feuille de route à son déploiement en Afrique de l'Est et australe, avec le soutien financier du Projet régional de financement des investissements dans le CDC Afrique, indique John Nkengasong, directeur du CDC Afrique. Cette initiative est parfaitement conforme à la volonté d'intégration de l'Afrique et au projet de zone de libre-échange continentale. »

Les réseaux de laboratoire en Afrique de l'Est ont renforcé leurs capacités cliniques et analytiques à l'échelle de chaque pays en favorisant une collaboration transnationale, démontrant ainsi tout l'intérêt d'un dispositif comme le RISLNET. Grâce au projet de maillage des laboratoires de santé publique en Afrique de l'Est (EAPHLN, selon l'acronyme anglais), les autorités sanitaires du Kenya, de l'Ouganda, de Tanzanie, du Rwanda et du Burundi se sont dotées d'un réseau de 40 structures bien équipées, avec du personnel formé et de solides capacités de diagnostic et de surveillance. Le projet EAPHLN a significativement amélioré les capacités transfrontalières de préparation et de réponse aux maladies tout en accentuant l'impact des installations nationales. Il a ainsi joué un rôle central pour combattre la propagation du nouveau coronavirus à l'échelle régionale.

« La pandémie de COVID-19 démontre de manière dramatique comment la transmission non détectée d'agents pathogènes d'un pays à l'autre peut transformer un foyer infectieux local en une urgence régionale, voire une crise mondiale, souligne Deborah Wetzel, directrice de l'intégration régionale en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à la Banque mondiale. Seule une intégration nationale et régionale renforcée nous donnera les armes nécessaires pour combattre la pandémie actuelle et les épidémies à venir. Ce rapport particulièrement bienvenu nous fournit des éléments cruciaux pour déployer un réseau interconnecté destiné à détecter, suivre et combattre tout foyer infectieux en Afrique. Il analyse dans les détails la manière d'optimiser les ressources de santé publique de l'Afrique et apporte des outils aux pays africains et à leurs partenaires du développement pour renforcer les systèmes de surveillance épidémiologique régionale sur le continent. »

La pandémie actuelle a conduit les auteurs du rapport à insister sur les investissements nécessaires à moyen et long termes pour bâtir un cadre institutionnel global permettant de surveiller les risques de flambée épidémique en Afrique afin de mieux les endiguer et les traiter. Les pays d'Afrique de l'Est et australe n'ont pas tous adopté les mêmes mécanismes de planification stratégique, de surveillance et de signalement et ne disposent pas tous des mêmes capacités en termes de laboratoires et de ressources humaines.

Le rapport avance cinq grandes recommandations à l'intention du CDC Afrique : i) rendre le réseau RISLNET opérationnel en Afrique de l'Est et australe dans un délai de 12 mois ; ii) renforcer les réseaux régionaux et continentaux de laboratoires en faisant un état des lieux des capacités et en définissant des directives normalisées pour renforcer les moyens de diagnostic et de planification stratégique ; iii) développer les capacités des institutions et du personnel sur le plan des tests, du contrôle qualité, de la biosécurité, du traitement des prélèvements et de la gestion de l'information ; iv) consolider les réseaux nationaux, régionaux et continentaux de surveillance épidémiologique en contribuant à la création d'une plateforme de données numériques unique et, parallèlement, en développant les capacités de communication et d'analyse des données ; et v) élaborer des plans de préparation et de riposte couvrant plusieurs secteurs et différents risques et organiser régulièrement des exercices de simulation à tous les niveaux dans chacun des États membres de la sous-région.

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