Niger: Tillabéry - Les civils, première cible des djihadistes

(Photo d'archives) - Les membres de l'unité de génie des Forces Armées Nigériennes (Forces armées nigériennes) recherchent des engins explosifs improvisés lors d'un cours de sensibilisation aux EEI à Niamey, au Niger, le 11 octobre 2019.

58 personnes ont été tuées près de Banibangou. C'est la deuxième fois en deux mois que le Niger est la cible d'attaques djihadistes contre des civils.

Plusieurs questions restent non résolues au Niger après l'attaque de présumés djihadistes lundi (15.03.2021) dans la région de Tillabéry, située dans la zone dite des "trois frontières" entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali. Comme à Tchamobangou et Zaroumdareye le 2 janvier 2021, les civils sont encore la cible des djihadistes ou des groupes armés dans cette zone.

Les 58 personnes assassinées étaient en partance pour les villages de Chinégodar et Darey-Daye, après avoir passé une journée dans un des plus importants marchés hebdomadaires de la région de Tillabéry, près de la frontière malienne.

Des représailles ?

Pour Moussa Tchangari, représentant de la société civile nigérienne, c'est une nouvelle stratégie des groupes armés qui veulent montrer leur puissance face à des populations qui ne veulent plus subir leur loi.

"Pour Zaroumdareye, les informations qui avaient circulé à l'époque déjà disaient que les gens ont tenté de s'organiser pour résister aux groupes armés et que ce sont les velléités de résistance de la population que les groupes armés tentent de briser."

Moussa Tchangari pense que c'est à peu près dans le même schéma.Pour conforter "leur hégémonie, leur contrôle et leur puissance, les groupes armés n'hésitent pas à user de méthodes de ce type-là, d'assassiner des personnes. Malheureusement, à ce rythme-là, la situation peut devenir plus grave", ajoute le représentant de la société civile nigérienne.

L'attaque de lundi pourrait donc être le résultat de représailles contre ceux qui ont voulu résister mais pas uniquement.

Amadou Harouna Maiga, coordonnateur du Comité union Tillabéry pour la paix, la sécurité et la cohésion sociale, explique qu'"il y a parmi les populations ceux qui donnent des renseignements aux militaires relativement à leur cachette, relativement à leurs mouvements et tout ce qui s'ensuit. Les représailles sont dirigées contre ces personnes qu'ils estiment vendre la mèche. Mais il y a aussi le fait que certains sont leurs complices qui, pour une raison ou une autre, les abandonnent. Puisqu'ils connaissent les villages de ces complices, ils mènent des représailles."

Faire fuir les villageois

Outre les 58 civils tués, les djihadistes présumés ont brulé des greniers céréaliers. Une autre stratégie des hommes armés, selon Amadou Harouna Maiga, pour forcer les populations à quitter les villages.

Un conseil extraordinaire de sécurité s'est tenu ce mercredi (17.03.2021) en présence du président Mahamadou Issoufou pour montrer que les autorités prennent la question très au sérieux.

Mais pour Moussa Tchangari, si les attaques persistent dans la région de Tillabéry malgré la forte présence militaire, c'est qu'il y a "une défaillance du dispositif sécuritaire en place qu'il faut absolument revoir".

Plus de: DW

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