Soudan: Darfour - Les attaques se multiplient malgré le déploiement de la force conjointe

Une femme avec ses enfants sur un âne près du camp de déplacés de Zam Zam, au Nord Darfour (Soudan).

Plusieurs voix au sein même du Conseil de souveraineté se sont élevées contre la prolifération des armes et des milices au Darfour. La sécurité n'est pas revenue dans cette région à l'ouest du Soudan ravagée depuis 2003 par la guerre civile et le génocide, dont les violences ont fait plus de 300 000 morts. Une recrudescence des conflits tribaux qui intervient alors que les casques bleus de la Minuad ont amorcé leur retrait. Ces derniers jours, plusieurs villages et camps de déplacés ont été attaqués.

En quelques jours à peine, de nouvelles attaques de miliciens sont survenues dans la localité de Kutum au Nord-Darfour et dans le camp de déplacés de Kalma, l'un des plus grands du Sud-Darfour. Pour Adam Rojal, coordinateur des camps de déplacés du Darfour, il n'y a aucun doute sur l'identité des assaillants.

« C'était une attaque menée par les milices Janjawids. Il était environ minuit et demi. Ils ont assailli le camp en trois directions. Ils ont blessé une femme déplacée, elle vivait juste à côté de la base de l'ONU. Le gouvernement de transition promet la sécurité pour les habitants du Darfour. Ils en parlent beaucoup dans les médias mais sur le terrain il n'y a pas de protection pour les déplacés et la population de la région ».

Suite aux accords de Juba signés avec différents groupes rebelles, Khartoum est censé déployer au Darfour une force conjointe de sécurité, composé pour moitié d'anciens combattants insurgés et pour une autre moitié de soldats de l'armée régulière ainsi que de paramilitaires des Forces de soutien rapide. Mais cette force est mal perçue par de nombreux darfouri non-arabes de la région.

« Les citoyens n'ont pas confiance dans ces forces conjointes, ni dans l'armée soudanaise car elles sont composées en partie par des criminels de guerre au Darfour, qui ont causé le déplacement de ces gens. Comment pourrait-il avoir confiance en eux ? »

Plusieurs manifestations ces dernières semaines ont demandé le retrait des Forces de soutien rapide de la zone. Face à la recrudescence des conflits tribaux, le Centre de surveillance des déplacés internes basé à Genève, estime que la région est sur le point de rebasculer dans la guerre.

Plus de: RFI

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