Niger: Validation de la victoire de Mohamed Bazoum sur fond d'attaques terroristes - Place au travail maintenant !

(Photo d'archives) - Les membres de l'unité de génie des Forces Armées Nigériennes (Forces armées nigériennes) recherchent des engins explosifs improvisés lors d'un cours de sensibilisation aux EEI à Niamey, au Niger, le 11 octobre 2019.
analyse

Le deuxième tour de la présidentielle au Niger, a livré son verdict définitif le 21 mars dernier. Mohamed Bazoum, le candidat du parti au pouvoir, a vu sa victoire validée par la Cour constitutionnelle qui lui reconnaît 55,66% des suffrages contre 44,34% pour son adversaire, Mahamane Ousmane, après examen des recours de ce dernier qui contestait les résultats de la Commission électorale et réclamait une victoire sur le fil.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la messe est dite pour l'ancien chef d'Etat qui rêvait d'un retour aux affaires à la faveur de cette présidentielle rendue ouverte par la décision du président sortant, Mahamadou Issoufou, de se conformer à l'esprit et à la lettre de la loi fondamentale de son pays qui lui interdit un troisième mandat.

Une attitude hautement appréciée et saluée par les démocrates du continent, dans une Afrique de l'Ouest en proie à la « maladie du troisième mandat » qui se révèle aussi dangereuse et mortelle que le Covid-19 sous nos tropiques, particulièrement en Guinée et en Côte d'Ivoire qui en ont fait l'expérience, l'année dernière, au moment où la terrible pandémie faisait ses premières victimes sur le continent noir.

Mahamane Ousmane n'a pas d'autre choix que de se conformer au verdict de la plus haute juridiction du pays

Maintenant que la victoire du candidat du pouvoir a été confirmée, la question que plus d'un se pose est de savoir ce que fera l'opposant qui affirmait encore il n'y a pas longtemps, être décidé à ne pas se laisser « voler la victoire ». Mais il doit, à présent, avoir perdu ses dernières illusions avec ces résultats définitifs qui confirment la victoire de son adversaire et qui ne sont pas très loin de ceux de la Commission électorale, malgré l'annulation d'une partie des résultats par l'instance de recours.

A la vérité, la question de l'attitude du candidat malheureux ne se pose même pas. En effet, Mahamane Ousmane n'a pas d'autre choix que de se conformer au verdict de la plus haute juridiction du pays, compétente en matière électorale, dont les décisions sont connues pour être sans appel.

En tout cas, en inscrivant son action dans le cadre de la légalité républicaine en utilisant les voies et moyens de recours légaux devant les institutions habilitées, ce qui est à son honneur au regard des manifestations de rues qui avaient occasionné au moins deux morts et de nombreux dégâts matériels, il s'engageait du même coup à s'y soumettre s'il voulait rester cohérent avec lui-même.

C'est pourquoi, en plus d'être incompréhensible, toute autre attitude contraire de sa part pourrait le faire tomber sous le coup de la loi en plus d'être hautement préjudiciable à la paix sociale au Niger. Le Niger n'a pas besoin de ça. Il n'a pas besoin, en plus de l'éprouvante crise sanitaire, d'une crise post-électorale qui viendrait en rajouter à la complexité d'une situation déjà difficile, au moment où l'hydre terroriste semble reprendre du poil de la bête dans le pays, avec des assauts répétés contre les Forces de défense et de sécurité et des tueries en masse de populations sans défense.

Les défis sont nombreux et pressants, à commencer par la crise sécuritaire

Le dernier acte en date de ces individus sans foi ni loi étant cette attaque lâche et barbare qui a fait une soixantaine de morts dans la région de Tahoua, pas plus tard que le dimanche 21 mars dernier, après le massacre de la semaine dernière dans la région de Tillaberi, qui a fait près d'une centaine de morts selon les derniers chiffres.

C'est pourquoi l'heure ne doit plus être aux tiraillements pour une élection dont tout porte à croire qu'elle a été régulièrement pliée par le candidat du pouvoir qui bénéficie aussi d'une majorité confortable à la nouvelle Assemblée nationale dont l'installation est intervenue, hier, 22 mars, dans la foulée, en attendant l'investiture du nouveau président prévue pour le 2 avril prochain.

Place donc au travail maintenant, car les défis sont nombreux et pressants, à commencer par la crise sécuritaire qui est en train de tourner au cauchemar pour les autorités de Niamey et d'amplifier les inquiétudes dans toute la sous-région. En tout état de cause, quand on se dit républicain comme l'opposant Mahamane Ousmane s'en réclame, on ne peut pas l'être à moitié.

C'est pourquoi ce dernier devrait savoir raison garder et faire preuve de sagesse pour éviter à son pays, les affres et les incertitudes des violences postélectorales, sachant que dans le cas d'espèce des élections contestées sur continent noir, la rue n'a jamais porté un candidat perdant au pouvoir. Au mieux, il s'exposera à la rigueur de loi, au pire, il pourrait rejoindre son principal soutien de Hama Hamadou à la désormais célèbre prison de Filingué, s'il ne se voit pas contraint de prendre le chemin de l'exil.

Plus de: Le Pays

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X