Gambie: L'lliance pour la construction et la réorientation patriotiques déclare que la clause de rétroactivité du projet d'une nouvelle constitution est une chasse aux sorciers

Fabakary Tombong Jatta, le leader de l'Alliance pour la Construction et la Réorientation Patriotiques (APRC) a affirmé que l'aspect rétroactif du projet d'une nouvelle constitution a été délibérément conçu pour mener une chasse aux sorcières contre certaines personnes. Les constitutions ne sont pas généralement mises en place afin de cibler des individus, a-t-il déclaré.

" Une constitution n'est pas conçue ayant pour cible des individus. Une constitution doit avoir une vision globale répondant à l'intérêt supérieur du public. Nous sommes préoccupés par certains aspects du projet de nouvelle constitution que, nous estimons, doivent faire l'objet d'une analyse profonde avant que nous puissions apporter notre soutien " a-t-il déclaré.

Lors d'une interview exclusive avec le journal The Point le samedi dans sa résidence de Tallinding, l'ancien parlementaire de Serrekunda East à l'époque de l'ancien régime a déclaré: " L'Alliance pour la Construction et la Réorientation Patriotiques n'approuve pas la clause de rétroactivité dans cette situation particulière. Nous sommes supposés aller aux élections en Décembre alors que la constitution n'a pas encore été mise en place. Pourquoi donc insérer une clause rétroactive ne concernant qu'une seule personne dans une constitution?

L'éminent politicien a ajouté: " Notre parti ne saurait approuver cela. Nous pensons que ce n'est qu'une chasse aux sorcières. Nous restons convaincus que la clause de rétroactivité ne devrait concerner que le prochain Président de la République de la Gambie. Les lois rétroactives ne sont pas généralement conçues pour viser spécifiquement des individus.

Selon lui, les députés de l'Alliance pour la Construction et la Réorientation Patriotiques voteront contre le projet de nouvelle constitution si ce projet est présenté de nouveau à l'Assemblée Nationale. " Nous continuerons de voter contre le projet de nouvelle constitution tant que nos préoccupations ne seront pas prises en considération. L'abolition de la Constitution de 1997 doit se faire de manière légale et transparente. Suite à nos consultations avec des sommités du monde juridique, nous avons été informés que ce serait illégal pour le Parlement d'abolir la Constitution de 1997 pour la mise en place d'une nouvelle constitution " a-t-il asséné.

L'Alliance pour la Construction et la Réorientation Patriotiques, a-t-il expliqué, a noté plus d'une trentaine de points de divergence concernant le projet de nouvelle constitution qui n'ont pas encore été pris en compte. " Nous avons fait part de nos observations lors de la rédaction du projet de nouvelle constitution. Lorsque le second document a été publié, nous avons remarqué que la plupart de nos réflexions et analyses n'avaient pas été prises en considération. Nous ne pourrons donc apporter notre soutien à ce document. "

Il a ajouté que son parti comprend que le gouvernement actuel a mandaté le Procureur General dans le but de trouver les voies et moyens de réintroduire le projet de nouvelle constitution au Parlement avec l'ancien Président du Nigeria, Goodluck Jonathan, jouant le rôle de médiateur.

" Cependant, lors du retour des différents leaders politiques du Nigeria, des rumeurs ont circulé que la plupart des parties politiques avaient trouvé un point d'accord. Je veux cependant que les choses soient claires. Nous avons de nombreuses préoccupations concernant le projet de nouvelle constitution. Nous n'approuvons pas l'élaboration d'une nouvelle constitution dans la mesure où nous avons déjà une constitution qui pourrait être rénovée et modernisée. Pourquoi devons-nous alors créer un nouveau projet de constitution et le présenter au Parlement pour être amendé? "

" Notre position demeure inchangée. Nous ne pourrons soutenir le projet de nouvelle constitution tant que nous ne serons pas en mesure de vérifier et d'analyser non seulement les propositions et modifications qui ont été insérées dans le projet de nouvelle constitution, mais également celles qui ont fait l'objet d'un retrait. Si le projet de nouvelle constitution prend en considération nos préoccupations, nous pourrons alors apporter notre soutien."

" Nous sommes également de l'avis, et suite à nos consultations avec des sommités du monde juridique, nous avons été informés que la Constitution de 1997 ne peut être abolie car ne comprenant pas de clauses permettant sa dissolution même si le peuple Gambien donne son accord pour la promulgation d'une nouvelle constitution. Nous ne prendrons part à aucune démarche marquée par le sceau de l'illégalité. "

Fabakary Tombong Jatta a également déclaré: " Nous avons présenté nos préoccupations à l'attention des différents acteurs et protagonistes. Nous n'avons cependant reçu aucune réponse. Nous avons été informés de sources sures. J'ai également lu et relu la Constitution de 1997 et j'ai sollicité l'avis des experts du droit sur le sujet. Nous avons été informés que la Constitution de 1997 ne peut être abolie. La Constitution de 1997 peut faire l'objet de changement et de rectification, mais ne peut être dissoute " a-t-il déclaré à notre reporter.

Le projet de nouvelle constitution, a-t-il poursuivi, provoquera une crise constitutionnelle si nous manquons de nous adhérer aux enseignements de Dieu le Tout-Puissant. " La rédaction d'un projet de nouvelle constitution ne peut être subordonnée aux sentiments personnels et à des politiques partisanes. Le Président Barrow est aux commandes des affaires du pays, mais il ne le sera pas pour l'éternité. Sommes-nous supposés mettre en place une nouvelle constitution chaque fois qu'un gouvernement est appelé à prendre le destin de notre pays en mains? Il serait plus avisé d'attribuer les millions de dalasis déboursés pour la rédaction d'une nouvelle constitution à des projets de plus grande importance. "

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