Cameroun: Manu Dibango - Lettres à une légende

Dire qu'il nous manque n'est qu'un euphémisme. Peut-être même aussi, quelque part, un abus de langage. D'accord, son grand rire et sa bonne humeur communicative ne sont plus là, quoique captés, apprivoisés et partagés par la magie de la vidéo.

Mais un homme de cette stature peut-il vraiment être parti ? Comme ça ? Aussi facilement que sait si bien décrire la formule consacrée de l'avis de décès, « des suites de courte maladie » ? A vrai dire non. Si son corps a bel et bien quitté ce monde par cette triste matinée du 24 mars 2020, l'esprit de Manu Dibango est bien resté parmi nous. Nous ses compatriotes dont il n'a cessé de faire la fierté ; Nous sa famille biologique qui a su l'entourer d'affection jusqu'à son dernier souffle ; Nous, sa famille musicale au sein de laquelle il aura été un frère précieux, un père qui laisse une progéniture prodigieuse ; Nous aussi, ces millions de mélomanes à travers la planète, que le saxophoniste de légende a su toucher par son art, près de 50 ans durant.

Une œuvre d'une telle immensité, produite par cet artiste en tous points singulier, ne peut que rester vivante. Parce que Manu Dibango a su laisser une trace indélébile. Une empreinte de géant qui lui permet de survivre à la mort physique survenue il y a tout juste un an. Et de s'inscrire absolument au rang des immortels. Du mythique « Soul Makossa » aux notes de « Ballade en saxo », l'album ultime d'une carrière exceptionnelle, l'éléphant Emmanuel Njocke Dibango a su traverser les décennies, les continents, saxophone en bandoulière, et marquer résolument son temps.

Un an après, quel hommage rendre à ce mastodonte de la musique camerounaise, de la musique tout court ? Une biographie ressassée et ressassée ? Une discographie revisitée et revisitée ? Des témoignages réchauffés et réchauffés ? Non, non et non ! Et si nous parlions plutôt à Manu lui-même ? Avec le cœur, avec les mots inspirés par l'impact qu'il aura laissé dans nos vies ? Voilà le sens de cette démarche que propose le quotidien national Cameroon Tribune. Comme pour s'efforcer de correspondre à la personnalité de l'homme que nous pleurerons toujours. Un homme affable, au contact facile, un véritable phénomène de simplicité qui a su accueillir à bras ouverts, compagnons de métier, ceux de son âge et ceux de toutes autres générations qui ont suivi, mais aussi toutes ces personnes qui ont eu la chance de croiser sa route.

C'est dans cette large sphère que CT a choisi de rendre hommage à l'une des plus grandes merveilles qui soient arrivées au Cameroun dans le domaine des arts et spectacles. Manu Dibango était un pur génie, doublé d'un travailleur acharné, c'est indiscutable. Il était aussi, et avant tout un être humain, un Camerounais, un Africain fier de ses racines et non moins ouvert sur le monde. En attendant certainement l'hommage grandiose que la crise sanitaire persistante continue d'empêcher, parlons donc à Manu, pour lui dire le vide qu'il a laissé dans nos vies, après les avoir nourries, égayées, réchauffées pendant de si longues années. Pour lui dire à quel point il a marqué notre quotidien, comment il a été un tournant dans nos trajectoires. Des personnalités du monde de la culture, des compagnons de route, des artistes de diverses générations, des admirateurs ont accepté de se prêter au jeu et laissent libre court à leurs épanchements. Edifiant.

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