Congo-Kinshasa: Bintou Keita - Les Nations Unies vont continuer à accompagner les régions du Kasaï après le retrait de la MONUSCO

communiqué de presse

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République Démocratique du Congo, Bintou Keita a effectué le 24 mars dernier, une visite de travail au Kasaï central. Il s'agissait pour elle de faire l'état des lieux avec les autorités provinciales, les fonds, agences et programmes des Nations Unies sur le retrait de la MONUSCO des Kasaï prévu le 30 juin 2021.

« Par rapport à ces quelques mois qui restent d'ici à juin 2021, il s'agit de chercher à savoir où est-ce que nous en sommes et écouter aussi les autorités sur leur appréciation sur l'état des lieux par rapport aux objectifs prioritaires du mandat, lorsque nous sommes en train de faire un retrait », a-t-elle précisé.

Pour cette première visite dans le Kasaï après sa nomination, Bintou Keita était accompagnée d'une délégation composée des représentants des agences, fonds et programmes des Nations Unies et de la MONUSCO.

Au terme de sa visite de 24 heures à Kananga, Bintou Keita a apprécié les échanges qu'elle a eus avec le Gouvernement provincial, les organisations de la société civile, le barreau du Kasaï central et ses collègues de la MONUSCO et du système des Nations Unies à Kananga.

De ces différentes discussions se dégage un sentiment mitigé quant au retrait de la MONUSCO des Kasaï.

« Dépendant à qui vous parlez, l'état des lieux prend des formes différentes. Pour ce qui concerne les autorités à qui nous avons parlé, il n'y a pas d'appréhension particulière sur le départ de la MONUSCO au 30 juin. Cependant, lorsque je me suis entretenue avec la société civile, et plusieurs des partenaires qui accompagnent la province, il y a une inquiétude en ce qui concerne la prise en charge complète des aspects sécuritaires. Mais, en tout cas, il y a une impression qu'avec le départ de la MONUSCO, ça sera très difficile d'être rassuré et en relation avec ça, il y a une demande très importante de faire en sorte que les capacités de l'armée et la police soient renforcées et qu'elles puissent avoir les moyens de pouvoir véritablement répondre à la préoccupation des citoyens et notamment par rapport à la criminalité urbaine », a déclaré Mme Keita.

La question de la criminalité urbaine et l'appui aux forces de l'ordre et de sécurité a été soulevée au cours de cette visite. Pour la société civile par exemple, il sera difficile de poursuivre la dénonciation de la violation des droits de l'homme et surtout des violences faites aux femmes dont le statut traditionnel dans la société Kasaïenne la rend vulnérable.

Le Système des Nations Unies au Kasaï fait état d'une « recrudescence des cas d'insécurité dans la ville au point qu'à partir de 22h certains collègues humanitaires ne dorment plus pour pouvoir surveiller les tentatives de vol. Ces cas d'insécurités sont malheureusement associés souvent à des cas de bastonnade et de viols ». Les statistiques des services médicaux confirment que Kananga est une ville où on enregistre en moyenne 100 cas de viols par mois depuis Janvier 2021. La grande préoccupation des acteurs humanitaires est donc de savoir comment maintenir leurs programmes quand la MONUSCO se retirera totalement.

Malgré cette inquiétude sécuritaire, Bintou Keita a pu constater que le travail de transition avance tout de même. Elle estime que « si l'on voit la province et les différents problèmes, les conflits inter communautaires, la question de la stabilité politique, la question de l'insécurité, etc., la question est : est-ce que c'est à la MONUSCO de faire tout cela ou est-ce que c'est à l'autorité de faire tout cela avec l'appui des partenaires ? »

La cheffe de la MONUSCO a rassuré que la continuation du travail de la MONUSCO va se faire avec les composantes Droits de l'homme et Justice qui vont rester au Kasaï, avec les agences, fonds et programmes des Nations Unies. « Il n'y a pas un retrait des Nations Unies des Kasaï. Et donc tout le travail qui se fait, c'est de voir que tous les projets qui sont mis en œuvre par la MONUSCO, par les agences fonds et programmes, par les autres partenaires vont continuer d'accompagner la province », a-t-elle conclu.

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