Libye: Trois pays de l'UE appellent au départ des mercenaires

Ville de Benghazi (photo d'archive).

Quelques jours après la prise de fonction du nouveau gouvernement d'union nationale, la cheffe de la diplomatie Libyenne, Najla al-Mangoush, en compagnie des ministres français, italien et allemand des affaires étrangères ont appelé, le 25 mars, lors d'une conférence de presse conjointe à Tripoli, au départ rapide des mercenaires.

« Nous réitérons la nécessité du départ de tous les mercenaires de Libye et de façon immédiate », a déclaré Najla al-Mangoush.

La mission de travail des ministres français, italien et allemand en Libye avait pour but de soutenir le nouvel exécutif. « Le départ de mercenaires étrangers est nécessaire pour que l'Etat libyen affirme sa souveraineté », a indiqué le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Selon le diplomate français, la visite vise à démontrer « une unité nécessaire » sur ce pays qui représente « notre voisinage immédiat ». Mise en difficulté en Libye en raison de son soutien à Khalifa Haftar représentant l'un de deux camps opposés, la France semble être à la manœuvre pour se redéployer et investir dans ce pays en voie de reconstruction.

« Nous sommes unis et déterminés aux côtés de la Libye », a pour sa part déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

Par ailleurs, le président du conseil présidentiel, Mohamed al-Manfi, a échangé au Caire avec le président égyptien, Abdelfattah al-Sissi. Ce dernier a assuré le nouvel exécutif libyen de son « soutien inconditionnel ». Il a également appelé les mercenaires à quitter la Libye.

Le départ des mercenaires mais aussi des troupes étrangères fait partie d'un cessez-le-feu négocié par l'ONU. Les Nations unies estiment à vingt mille le nombre de soldats et combattants étrangers en Libye. Leur présence a été rapportée par plusieurs médias et des experts du pays.

Si une source diplomatique française affirme qu'un retrait de combattants syriens est en cours, le mouvement de repli serait selon l'ONU « encore insuffisant ».

Le secrétaire général Antonio Guterres s'est dit « profondément préoccupé par les informations sur une présence persistante d'éléments étrangers dans et autour de Syrte et dans le centre de la Libye. »

Le cas de la Libye a aussi été une nouvelle fois évoqué lors du sommet de l'Union européenne tenu les 25 et 26 mars. Elle a ainsi formulé le retrait des forces turques de Libye comme l'une de conditions pour un retour au dialogue. La Turquie a en effet soutenu activement l'ancien gouvernement en place à Tripoli, contesté jusque-là par les forces du maréchal Khalifa Haftar à l'est de la Libye.

Enfin, la stabilité de ce pays semble d'autant plus prioritaire pour les Européens que la Libye est une plaque tournante de l'immigration clandestine vers l'Union européenne, avec des camps de détention de migrants régulièrement critiqués par les défenseurs des droits de l'homme. De plus, les garde-côtes libyens sont souvent accusés de mauvaises pratiques vis-à-vis des migrants.

AllAfrica publie environ 500 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X