Mozambique: La ville de Palma en cours d'évacuation après l'attaque jihadiste

Une femme se tient dans un champ où les vêtements sont séchés après le lavage à Metuge, dans la province de Cabo Delgado. Des camps de personnes déplacées se sont formés après qu'une série d'attaques a contraint des milliers de personnes à fuir la région du nord.

La ville de Palma, dans le nord-est du Mozambique, est en cours d'évacuation après l'attaque terroriste qui a démarré mercredi 24 mars. Les jihadistes du groupe Al-Shabab, affiliés au groupe État islamique, avaient pris le contrôle de cette ville de 75 000 habitants dans la province du Cabo Delgado. Les forces de sécurité mozambicaines sont désormais sur place et affrontent « des poches terroristes », d'après un bulletin de la télévision nationale. Selon le gouvernement mozambicain, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées depuis mercredi à Palma.

Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans une attaque jihadiste d'ampleur depuis mercredi à Palma, dans le nord du Mozambique, a annoncé dimanche le gouvernement mozambicain. Sept personnes ont trouvé la mort dans une embuscade alors que les forces de sécurité tentaient d'évacuer près de 200 personnes retranchées dans l'hôtel Amarula, a précisé le ministère de la Défense lors d'une conférence de presse.

« Un groupe de terroriste a pénétré en se dissimulant dans le chef-lieu du district de Palma. Ils ont déclenché des actions qui ont culminé avec l'assassinat lâche de dizaines de personnes sans défense et des préjudices matériels dans des infrastructures du gouvernement », a affirmé Omar Saranga, le porte-parole du ministère mozambicain de la Défense.

Sur la pelouse d'un hôtel de Palma, des employés ont écrit SOS en lettres majuscules, rappelle notre correspondant dans la région, Romain Chanson. Une vingtaine seront secourues, mais des recherches sont toujours en cours. En fuyant les combats, de nombreux habitants se sont dispersés à pied et se sont cachés dans la végétation rendant leur localisation compliquée. « Un collègue a marché pendant 150 km », raconte le propriétaire d'un hôtel.

Une attaque durant depuis mercredi

L'absence de télécommunications, depuis le début de l'attaque mercredi, ralentit davantage les recherches. De nombreux étrangers sont présents dans la zone. Ils travaillent sur le site d'un immense projet gazier opéré par Total, situé à seulement dix kilomètres de la ville de Palma.

« Ils ont été pris pour cible et c'est la première fois », raconte un missionnaire chrétien plus habitué aux exactions du groupe Al-Shabab contre les villageois.

Les travailleurs étrangers de Palma sont exfiltrés, par bateau, vers la ville de Pemba, à 400 km au sud de la localité assiégée. Le sort des milliers de réfugiés qui formaient, en partie, la population de Palma, n'est pas connu, ni le nombre de victimes. Depuis le début des attaques terroristes, en 2017, le conflit a fait plus de 600 000 déplacés et 2 600 morts.

♦ Total rapatrie l'essentiel de ses employés du site d'Afungi

Paralysé depuis plusieurs mois, le projet gazier piloté par le français Total devait reprendre jeudi dernier, mais l'attaque, de grande ampleur, lancée par le groupe Al-Shabab sur la ville de Palma, à dix kilomètres du site gazier, vient mettre un nouveau coup d'arrêt au chantier. Il avait été suspendu une première fois, en janvier dernier, déjà à la suite d'incursions jihadistes et le personnel venait tout juste de revenir sur les lieux.

Aujourd'hui, Total rapatrie à Maputo l'essentiel de ses employés du site d'Afungi n'y laissant, selon un communiqué, que le strict minimum. Ces derniers mois, le Mozambique avait annoncé à plusieurs reprises mener des opérations de sécurisation de la région, afin de rassurer l'industriel français.

Le projet, développé conjointement par Total, l'italien ENI et l'américain Exxon Mobil, est considéré comme vital pour l'économie mozambicaine. Il pèse 60 milliards de dollars et vise à faire du pays une puissance gazière mondiale, d'ici quelques années. Total doit notamment construire avec ses partenaires une usine de liquéfaction du gaz ainsi qu'un port. Le projet devait commencer à voir le jour en 2024 mais la dégradation de la situation sécuritaire risque d'entraîner d'importants retards.

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