Tunisie: Mokhtar Ladjimi à La Presse - «Yasmine Hammamet mérite, enfin, son festival de cinéma»

28 Mars 2021
interview

Le réalisateur Mokhtar Ladjimi vient de lancer un nouveau festival à Hammamet avec la collaboration d'un groupe privé : le Master international film festival. Dans cet entretien, il nous parle un peu plus de cette initiative et de son nouveau projet de film «Fantomask ou la sultane à quatre sous». Entretien.

Où en êtes-vous avec le projet de votre prochain film «Fantomask ou la sultane à quatre sous» ?

Ce projet est, d'ores et déjà, à moitié financé grâce au côté tunisien avec la subvention du ministère des Affaires culturelles et autres... Je suis en train d'écrire la version presque définitive avant tournage et j'espère avoir un partenaire belge ou français pour l'autre moitié du financement. Une fois le budget bouclé à 80%, je lance le calendrier de tournage et le casting. Ce film se présente sous le genre du fantastique social, une sorte de voyage initiatique et métaphorique autour de la mémoire à travers la maladie et les hallucinations d'une grand-mère atteinte d'Alzheimer.

Et le festival du cinéma tunisien ?

Je dirige, en effet, cette troisième édition qui n'a pas eu lieu en 2020 pour des raisons sanitaires dues à la Covid-19. En ce qui me concerne, les deux premières éditions ont été un succès, ce qui est une excellente chose pour la Tunisie. Ce genre d'événement, on en a vraiment besoin pour aider à lancer la nouvelle génération de cinéastes tunisiens. Mais vu les conditions financières difficiles et en attendant qu'une académie des arts et techniques du cinéma en Tunisie voie le jour, même si le festival ne se déroulera plus sur plusieurs jours, on aura cette année une seule soirée, celle où l'on décernera les prix en plus des hommages vu les conditions financières.

On croit savoir que vous allez lancer un nouveau festival à Hammamet ?

En effet, il s'agit du Master international film festival (Miff). Depuis que j'étais à l'Idhec, actuellement la Femis j'ai toujours eu cette envie de partager l'éducation par l'image pour toutes les générations futures. Initier les étudiants du cinéma ou des Beaux-Arts en général au 7e art, bien sûr avec le public. J'ai grandi avec le public des JCC qui est unique et exceptionnel et il gardera toujours sa personnalité. Il y a aussi Manarat qui est un bon festival qu'il ne faut pas abandonner et qui a sa personnalité méditerranéenne. Le festival que nous proposons est un festival dont le profil manque, à mon sens, encore à l'esprit de la décentralisation, à l'instar de Gabès et de Tozeur ; c'est-à-dire un festival où il n'y aura pas de limites géographiques pour les films qui seront présentés. Il aura aussi une section consacrée au Best Off du cinéma tunisien, et pas les Césars à la tunisienne. Pour l'année de lancement de ce festival, j'ai opté pour un Best off Panorama, c'est-à-dire le festival passera seulement les films primés dans le monde et il sera focalisé essentiellement sur les master class. Ces master class auront lieu avec les écoles du cinéma et des Beaux-Arts. Des cinéastes indépendants de niveau international viendront pour des master class, animer le débat devant des professionnels et des étudiants.

On choisira des cinéastes dont les films ont porté le thème des dialogues entre les cultures. On va aussi tabler sur le volet culturel et touristique et redorer le blason de la Tunisie après tous les déboires que nous avons eus. La date provisoire est prévue pour début octobre 2021, mais elle pourrait changer selon la situation sanitaire du pays. Cette initiative voit le jour grâce à l'initiative privée et moi-même pour soutenir la culture. C'est aussi un mariage heureux entre la clairvoyance de la culture et la dynamique du tourisme culturel.

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