Afrique: Le financement du développement à l'ère de la Covid-19 et au-delà

Les Premiers Ministres du Canada et de la Jamaïque, MM. Justin Trudeau et Andrew Holness, ainsi que le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, organisent une réunion des chefs d'État et de gouvernement pour tirer parti des solutions proposées et souligner la nécessité urgente d'assurer des liquidités, de remédier à la vulnérabilité liée à la dette et d'accorder un allégement ciblé de la dette.

Pour faire face aux répercussions économiques de la crise et éviter le risque que la pandémie ne provoque des dégâts durables, il est impératif d'accélérer la recherche de solutions, notamment en ce qui concerne la dette souveraine des pays les moins avancés, des petits États insulaires en développement et des pays à revenu intermédiaire très vulnérables à l'endettement.

La pandémie COVID-19, qui a fait plus de 2,6 millions de morts et provoqué plus de 120 millions de cas de contamination confirmés à ce jour, est bien plus qu'une crise sanitaire et humanitaire. Elle est devenue une urgence de développement sans précédent à l'échelle mondiale.

Au cours de l'année 2020, une riposte sans précédent a pu contrôler la propagation du virus et atténuer ses conséquences socio-économiques. Ces politiques d'urgence ont permis de baisser la courbe des contaminations et de sauver des vies, mais elles ont également entraîné une baisse de 4,3% du Produit intérieur brut (PIB) mondial. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, le taux mondial d'extrême pauvreté devrait augmenter, selon la Banque mondiale; tandis que l'Organisation internationale du Travail (OIT) note qu'environ 255 millions d'emplois à temps plein ont été perdus.

Si l'on n'agit pas avec audace pour résoudre le problème du fardeau de la dette souveraine, on risque de perdre une nouvelle décennie de développement. Six pays en développement ont déjà fait défaut depuis le début de la pandémie, tandis que 42 ont vu leur note de crédit dégradée. Un tiers des économies émergentes sont considérées comme présentant un fort risque de crise budgétaire et plus de la moitié des pays les moins avancés et des autres pays à faible revenu sont regardés comme présentant un risque élevé de surendettement ou comme étant en situation de surendettement.

S'appuyant sur cet ordre du jour, le Secrétaire général de l'ONU publiera une nouvelle note de synthèse avant la réunion, plaidant pour des mesures phares en matière de liquidités, d'allégement de la dette et d'architecture de la dette internationale, entre autres.

Groupes de discussion

Pour débuter la mise en œuvre de cette réponse, les dirigeants ont proposé un processus pragmatique destiné à faciliter un accord sur les options visant à résoudre la crise. Dans la phase initiale, six groupes de discussion devront parvenir à un consensus sur des actions concrètes et des recommandations politiques dans les domaines suivants :

Les financements externes et les envois de fonds - L'emploi et la croissance inclusive

Une meilleure relance pour un développement durable

Les liquidités mondiales et la stabilité financière

La vulnérabilité à l'endettement

Les engagements des créanciers du secteur privé

Les mouvements illicites de capitaux

Les résultats des délibérations des groupes de discussion seront mis à la disposition de tous les pays et des tous les participants à la réunion des ministres des Finances qui se tiendra le 8 septembre 2020. Les résultats de cette conférence ministérielle seront ensuite examinés lors d'une Réunion de haut niveau organisée en marge de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, en septembre 2020.

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