Mozambique: L'Etat islamique revendique une attaque au pays

La ville de Palma est située dans le nord-est du Mozambique et seulement à dix kilomètres du mégaprojet gazier piloté par le groupe français Total.

L'organisation terroriste dit contrôler la ville côtière de Palma. Des experts demandent une réaction internationale. Mais Maputo parle d'une crise interne.

L'organisation Etat islamique a revendiqué ce lundi (29.03.2021) l'attaque perpétrée contre la ville de Palma. Les agences humanitaires de l'Onu s'activent pour porter assistance aux personnes qui fuient cette ville portuaire, tombée aux mains des djihadistes après trois jours de combats.

L'attaque d'ampleur menée mercredi (23.03.2021) s'est soldée par des dizaines de morts parmi les civils d'après une déclaration du porte-parole du ministère mozambicain de la Défense. Des experts appellent à une réaction de la communauté internationale. Or le gouvernement mozambicain considère qu'il s'agit d'une crise interne.

Un projet gazier visé

Ce sont des milliers de personnes qui quittent Palma, assiégée par les djihadistes, pour rejoindre Pemba, principale ville de la province de Cabo Delgado. Des sources bien informées ont confirmé à la DW que les forces de sécurité mozambicaines assuraient cette évacuation de travailleurs étrangers et de populations mozambicaines.

Des habitants affirment être sans nouvelles de leurs proches.

L'attaque est survenue à seulement 10 kilomètres d'un important projet gazier. Nj Ayuk, directeur exécutif de la Chambre africaine de l'énergie en est convaincu : il s'agit d'une attaque stratégique.

"Palma est très stratégique. C'est à proximité de cette ville que le Mozambique développe son projet énergétique. Il n'y a aucune raison de ne pas croire que l'attaque vise ce projet dont le démarrage a été annoncé quelques jours avant. Et il y a grande réserve de gaz dans la région", explique-t-il.

Dans un communiqué publié sur l'un des sites de propagande de l'EI sur Telegram, le groupe djihadiste a déclaré avoir visé "des casernes militaires et des quartiers généraux du gouvernement", annonçant avoir pris le "contrôle de la ville" et la mort de dizaines de militaires "de l'armée mozambicaine et de chrétiens, dont des ressortissants d'Etats croisés".

Besoin de projets sociaux et de développement

Nj Ayuk s'était rendu dans la province de Cabo Delgado et il a aussi rencontré le président mozambicain Filipe Nyusi.

"J'ai eu le privilège de rencontrer le président et le ministre de l'Energie au début de ce mois", confirme-t-il à la DW.

"Tous les deux ont affirmé l'engagement du gouvernement d'assurer la sécurité, pas seulement à cause du projet mais dans l'intérêt de la population en général", ajoute le patron de la Chanbre africaine de l'énergie.

S'occuper de la population et ne pas seulement miser sur la réponse militaire. C'est aussi l'option la plus efficace d'après l'analyse de Martin Ewi, chercheur principal dans la Division menace transnationale à l'Institut d'études de sécurité de Pretoria, l'ISS.

Selon lui, le gouvernement sudafricain soutiendrait discrètement son homologue mozambicain face à la menace terroriste.

"On sait déjà que l'Afrique du Sud a envoyé des renforts pour assurer la sécurité des Sudafricains au Mozambique. On sait aussi que l'Afrique du Sud a envoyé des marines qui doivent aussi aider à former les Mozambicains ou de réagir à certaines situations sécuritaires sur le terrain", indique Martin Ewi.

Pour l'expert basé en Afrique du Sud, le gouvernement mozambicain considère qu'il s'agit d'une crise interne, ce qui risque de compliquer l'aide extérieure.

Les experts séparent toutefois les attaques djihadistes récurrentes, de certaines revendications d'ordre socio-économique qui restent sans solution dans la région de Cabo Delgado.

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