Cote d'Ivoire: Attaques meurtrières - Le ver est-il désormais dans le fuit ?

analyse

L'armée ivoirienne a été endeuillée dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 mars 2021. En effet, une position militaire située à Kafolo et un poste de gendarmerie à Kolobougou dans le département de Téhini, zones frontalières avec le Burkina, ont été les cibles de deux attaques presque simultanées qui auront coûté la vie à trois soldats ivoiriens et fait six blessés.

Côté assaillants, trois auraient été neutralisés et du matériel saisi. Si les auteurs de ces attaques meurtrières, restent non encore identifiés, les autorités ivoiriennes soupçonnent les hommes de la Katiba Macina d'Amadou Kouffa, affiliée au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM).

En tous les cas, ces deux attaques prouvent que l'hydre terroriste est en train d'étendre ses tentacules vers le littoral ouest-africain, comme l'affirmait naguère, le patron du renseignement français, Bernard Emié. C'est d'autant plus vrai que la Côte d'Ivoire avait subi une attaque terroriste en juin dernier, à Kafolo.

On se rappelle que ladite attaque avait laissé sur le carreau, 14 morts. On pensait que l'arrestation du présumé cerveau de cette expédition sanglante, le Burkinabè Sidibé Ali, alias Sofiane, affaiblirait considérablement le mouvement terroriste du Malien Amdou Kouffa et par ricochet, permettrait au pays d'Houphouët Boigny de respirer un tant soit peu.

Mais hélas, c'était sans compter avec la détermination de ces ingénieurs du mal. Cela dit, le ver est-il désormais dans le fruit ? Il faut malheureusement craindre que oui. En tout cas, de l'attaque de Grand Bassam à celle de Kolobougou en passant par les stratégies de Kafolo 1 et Kafolo 2, l'on a suffisamment des raisons de croire que la Côte d'Ivoire abrite des cellules terroristes dormantes.

C'est toute la sous-région ouest-africaine qui est désormais menacée

Car, avec ces deux nouvelles attaques, une chose est désormais certaine : la Côte d'Ivoire, et c'est peu de le dire, est plus que jamais dans le viseur des groupes terroristes. Et l'armée ivoirienne gagnerait à garder l'arme au pied.

En tout état de cause, le producteur mondial de cacao est suffisamment prévenu et le régime de Ouattara aurait tort de minimiser ces drames. Ce d'autant que tout laisse croire que les groupes terroristes, notamment le JNIM et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui ont subi ces dernières années de sérieux revers au Mali, semblent désormais avoir opté de s'installer en Eburnie.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le président Alassane Ouattara a du pain sur la planche. Surtout qu'il vient de perdre l'un de ses securocrates en la personne d'Hamed Bakayoko qui aura fait ses preuves en matière de sécurisation du territoire.

Déjà que le chantier de la réconciliation constitue un défi majeur pour le régime d'ADO, si les attaques terroristes devaient prendre de l'ampleur en Côte d'Ivoire comme c'est le cas au Sahel, le locataire du palais de Cocody se retrouverait face à une montagne de défis.

Cela dit, au-delà de la Côte d'Ivoire, c'est toute la sous-région ouest-africaine qui est désormais menacée par cette expansion terroriste. C'est dire si les forces armées des différents pays, se doivent de conjuguer leurs efforts pour mieux traquer ces ennemis de la paix.

Cela est d'autant plus nécessaire que la Côte d'Ivoire constitue la locomotive économique des pays de l'UEMOA. En tout cas, si les terroristes font tousser la Côte d'Ivoire, les autres Etats de la région se verront contraints d'éternuer.

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