Cote d'Ivoire: S'unir ou périr

éditorial

Le RHDP après Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko. Pas de doute, plus rien ne sera comme avant au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, depuis le départ de l'autre côté de ces deux responsables emblématiques en l'espace de huit mois. Le premier a tiré sa révérence le mercredi 8 juillet 2020, victime d'un malaise cardiaque, quasiment à la tâche à Abidjan. Le second a rendu l'âme le 10 mars 2021, dans un hôpital allemand, des suites d'un cancer.

La disparition d'Hamed Bakayoko, un jeune cadre du parti qui représentait à lui seul pratiquement l'avenir du RHDP, laisse forcément un vide, tout comme celle d'Amadou Gon Coulibaly en a laissé l'année passée. Ces deux leaders, tous deux «fils» du Président Alassane Ouattara, étaient des pions essentiels, voire indispensables du RHDP. L'un comme l'autre, ils étaient appelés, dans le futur, à diriger ce grand parti houphouëtiste.

D'ailleurs, AGC tenait déjà, en tant que président du Directoire, le gouvernail du navire RHDP, même si le capitaine reste incontestablement Alassane Ouattara. Certes, AGC et HamBak ne sont pas irremplaçables, mais ils vont beaucoup manquer au RHDP, si ce n'est déjà le cas. D'abord humainement, parce que leur charisme, leur popularité, leur proximité avec les militants étaient des atouts immenses pour le RHDP. Ensuite, au plan politique, ils étaient deux catalyseurs du dynamisme de ce parti, deux forces du RHDP, chacun avec son style.

A cela s'ajoutent leur riche expérience politique et leur connaissance parfaite de l'appareil, pour avoir été au commencement de cette belle aventure politique, du RDR (Rassemblement des républicains) au RHDP. Mais, très vite, il faut que le parti se ressaisisse. Car, le plus dur commence, avec la vie sans AGC et HamBak.

Après sa brillante victoire aux législatives du 6 mars dernier, le RHDP doit désormais se régénérer avec un nouveau leadership, à même de prendre la relève du Président Alassane Ouattara, en vue des défis futurs. Et aussi un nouvel état d'esprit marqué par la primauté de l'intérêt général sur des ambitions individuelles.

Il faudra donc, dans un premier temps, faire chorus autour du Président Alassane Ouattara, grandement éprouvé par la perte de ses deux « fils », car, après de telles épreuves, le RHDP a plus que besoin de l'union sacrée de ses cadres et militants derrière son chef pour repartir de l'avant. Puis, tous, sans exception, devront s'aligner derrière les choix qu'il fera, dans l'optique de la succession.

L'union, dit-on, fait la force. Déjà, il faudra, dans les mois qui viennent, que le RHDP montre aux yeux de la Nation sa capacité de résilience et surtout qu'il affronte les challenges qui pointent à l'horizon. Cela passe incontestablement par la mise en place d'une bonne stratégie pour gérer l'Etat afin que le bilan de la gouvernance du Président Alassane Ouattara soit aussi probant en 2025, qu'il ne le fut lors de la dernière décennie.

Et surtout que les promesses faites au cours de la présidentielle du 31 octobre 2020 soient respectées. Parallèlement, il faudra mettre en place une administration pour diriger le RHDP au risque de vivre le syndrome du PDCI et du FPI. Faut-il le rappeler, ces deux formations politiques donnaient avec leurs différents leaders emblématiques Félix Houphouët-Boigny (pour le PDCI) et Laurent Gbagbo (pour le FPI) l'impression d'être des blocs compacts et homogènes.

Mais, il a fallu que ces chefs partent, pour qu'ils s'écroulent comme un château de cartes et qu'ils se disloquent. Aujourd'hui, c'est un PDCI qui est l'ombre de lui-même et un FPI écartelé entre trois factions rivales, qui tentent péniblement de survivre sur la scène politique nationale.

Si le RHDP ne veut pas vivre ce même scénario, il faut que les cadres soient francs et sincères dans leur fonctionnement et leur engagement politique. Qu'ils soient unis, solidaires et soudés pour conduire le RHDP vers un avenir radieux. C'est à ce prix-là que ce parti survivra à Hamed Bakayoko et Amadou Gon Coulibaly. S'unir ou périr. Reste maintenant aux cadres et militants de faire le bon choix.

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