Cote d'Ivoire: Système éducatif, recrutement des enseignants niveau BEPC - Le SNEPPCI tire à boulet rouge sur le ministère de l'Education nationale

C'est un syndicat plus que revigoré qui s'est donné rendez-vous, hier, mardi 30 mars, dans ses nouveaux locaux, de la maison de l'enseignant sis à Yopougon. Et ce, à l'occasion de son Conseil syndical de Pâques. Ils sont venus nombreux, les militants du Syndicat national de l'enseignement primaire public de Côte d'Ivoire (SNEPPCI).

Prenant la parole pour s'adresser à ses camarades, le secrétaire général du SNEPPCI, le général Andjou Andjou, a tenu à saluer les pionniers du SNEPPCI qui ont, en 1985, posé la première pierre de l'édifice, un immeuble de 4 niveaux abritant le siège et une salle polyvalente de près de 2.000 places et un hôtel de 54 chambres. Un site qui surplombe tout le quartier sable de Yopougon. « Nous sommes ici aujourd'hui dans notre maison, la maison de l'enseignant, cette œuvre historique initiée par nos devanciers depuis 1985. Si aujourd'hui, nous sommes ici, c'est grâce au travail des secrétaire généraux qui se sont succédé à la tête de notre Syndicat. »

Dans le cadre de la poursuite des travaux de ce conseil syndical, le secrétaire général a demandé que ledit conseil syndical de Pâques soit transformé en Assemblée générale extraordinaire en vue de prendre des décisions pour décider de la nouvelle marge du Syndicat et tracer les luttes à venir.

Au cours des échanges avec la presse, le Secrétaire général du SNEPPCI, Andjou Andjou, comme solution à la bonne marche de l'éducation et du système éducatif, a souhaité que le nouveau ministre de l'Education nationale soit un des leurs. « Nous voulons un ministre dans notre ordre d'enseignement. Qui connaît l'enseignement, il faut un ministre proche du primaire et de l'enseignement préscolaire. » Parce que, soutient-il, « L'enseignement primaire est la base de la formation ».

Revenant sur les récentes conclusions du PASEC qui ont fait couler beaucoup d'encre et de salive, pour lui, la solution se trouve autour d'un cadre d'échange avec l'ensemble des acteurs « Il faut qu'on s'asseye, qu'on se retrouve autour d'une table, qu'on se parle et que ceux qui sont spécialistes, ceux qui connaissent le primaire parlent du primaire, qu'on fasse des propositions. Il ne s'agit pas de construire des classes mais il faut aussi former les gens. Il faut la volonté politique. Nous avons des experts au primaire pour réfléchir et trouver un système pédagogique d'encadrement. Mais on va chercher des systèmes pédagogiques au Canada, en Inde. Pourquoi ?

Ne sommes-nous pas assez intelligents ? C'est pourquoi nous disons qu'il faut l'indépendance pédagogique de la Côte d'Ivoire. Si en fonction de nous-mêmes nos réalités. On ne planifie pas, ce n'est pas l'extérieur qui va planifier pour nous » a insisté Andjou Andou. Autre fait soulevé, c'est le recrutement d'instituteurs avec le niveau Bepc.

Pour le SNEPPCI, c'est un recul pour le système éducatif qu'il a dénoncé « Nous dénonçons le recrutement d'enseignants avec le niveau Bepc. Est-ce qu'aujourd'hui avec le BEPC on peut dispenser l'enseignement qu'il faut, est-ce qu'avec le BEPC, on est apte à enseigner au primaire ?

Aujourd'hui, nous connaissons comment le Bepc est acquis. Et en plus recruter des enseignants niveau Bepc, c'est un recul pour le système. Depuis 1981, on a recruté avec le Bac. 35 ans après, on recrute avec le Bepc, c'est un recul pour notre système, ce n'est pas bon pour le gouvernement, il faut avancer.

Dans les autres pays, on recrute avec un bac + 4. Pourquoi vous refusez qu'on avance. Nous comprenons que cela ne va pas s'arrêter brusquement à cause de partenariats internationaux, mais nos réalités ici nous commandent de revoir les choses. » Le secrétaire général du SNEPPCI ne s'est pas arrêté là. Il a aussi critiqué vertement la situation des nouveaux instituteurs «

C'est avec le cœur gros que nous en parlons. La formation dure 3 ans, deux à l'école et une année de stage sur le terrain pour avoir la titularisation. Après la titularisation, il faut encore deux ans pour avoir son premier mandatement, soit 5 ans. Nous disons que c'est trop, c'est être méchant, ce n'est pas bien traiter ses concitoyens. Nous disons 3 ans après la prise de fonction, qu'on paie nos camarades. Pourquoi attendre 24 mois avant de payer. »

Le SNEPPCI dit non, « Ce n'est pas normal, on ne peut accepter cela. Si nous avons la motivation, le travail nécessaire sera fait. Mais si nous n'avons pas la motivation nécessaire, on aura ces résultats que vous voyez » a-t-il tranché.

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