Congo-Kinshasa: Bakonga doit s'expliquer

Après la condamnation à 20 ans des travaux forces, par la Cour d'Appel de Kinshasa/Gombe, le jeudi 25 mars, de l'Inspecteur général de l'Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Michel Djamba, et du Directeur général du SECOPE (Service de Contrôle de Paie des Enseignants) pour détournements des deniers publics et sabotages de la gratuité de l'éducation de base, tous les regards sont à présent tournés vers le ministre de tutelle, Willy Bakonga. Ce membre du gouvernement a en effet été abondamment cité par les deux accusés comme le donneur d'ordre aussi bien pour des sorties des frais de fonctionnement que des achats des intrants, dans le pur style d'une maffia organisée.

Un crime n'étant jamais parfait, la lettre du Secrétaire général à l'EPST demandant aux gouverneurs des provinces désactiver les écoles fictives vient confirmer le sabotage effectif de la louable initiative présidentielle. Ainsi que chacun peut le constater, de faux arrêtés ministériels ont injecté, dans les fichiers de ces ministères, près de deux milles écoles fictives, avec des effectifs fictifs, qui ont fait gonflement démesurément les dépenses liées à la gratuité de l'éducation de base.

Willy Bakonga, qui a donné l'impression, tout au long du procès SECOPE, de n'être pas concerné par le dossier des incriminés, doit illico presto, expliquer à la nation l'existence de près de deux milles écoles fictives émargeant du budget national. Compte tenu de la gravité des présomptions de détournements des fonds publics qui pèsent sur lui, ce membre du gouvernement devrait prendre son courage entre deux mains et se présenter volontairement au Parquet général près la Cour de Cassation, pour justifier une situation aussi ténébreuse, que le Premier ministre sortant Ilunga Ilunkamba semble lui aussi avoir découvert à la veille la remise-reprise avec son successeur.

Le silence de Willy Bakonga, depuis les premières dénonciations des écoles et enseignants fictifs par l'IGF (Inspection Générale des Finances) ainsi que tout au long du procès SECOPE est fort suspect. La question à ses poser est de savoir dans quelle intention a-t-il instruit le Secrétaire général de son ministère de faire désactiver les écoles fictives au moment où s'apprête à s'ouvrir son dossier judiciaire. D'aucuns le soupçonnent de vouloir effacer les traces de ses forfaitures. Les services spéciaux, qui sont au courant de la manœuvre, devraient faire diligence pour la stopper sans délai.

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