Congo-Kinshasa: B. Ntaganda recalé en appel - Signal fort pour ses complices

La chambre d'appel de la Cour d'appel internationale a confirmé hier mardi 30 mars 2021, la condamnation de l'ancien chef milicien Bosco Ntaganda qui a semé la terreur et la désolation en Ituri. Dans cet arrêt qui fera date, le juge a rejeté les arguments soutenus dans sa défense par l'officier général Bosco Ntaganda, notamment qu'il ne ciblait pas les civils et qu'il était engagé dans des opérations militaires. L'ancien homme fort de l'Ituri avait même rejeté les 18 chefs d'accusation articulés contre lui, au motif que les hommes du procureur avaient menti ou mal évalué les éléments sur le terrain. Qu'à cela ne tienne! N'étant plus susceptible d'aucun recours, cette décision de la CPI demeure aux yeux de nombreux observateurs, un signal fort lancé aux complices des groupes armés étrangers et milices locales qui se recruteraient dans certaines institutions républicaines, dont le parlement.

On se rappelera à ce sujet, le débat houleux ouvert lundi à l'Assemble nationale où les élus du peuple originaires de l'Est s'en sont pris à leurs collègues qui se cachent dans les milieux parlementaires où ils sont couverts par des immunités les mettant à l'abri des poursuites judiciaires. Pour les députés suspectés sans être cités nommément, le débat suscité sur la persistance de l'insécurité à l'Est jetait l'opprobre sur l'institution Assemblée nationale.

Comme on peut s'en rendre facilement compte, le débat avait eu l'avantage de soulever des questions pertinentes sur les non dits d'une situation sécuritaire dont les conséquences sont gravissimes. La déstabilisation de la République, les massacres continus des populations, la prise d'otages de ceux qui refusent de se soumettre aux rebelles. Et comme si cela ne suffisait pas, ces étrangers et locales et les forces négatives locales se livrent impunément à l'exploitation illégale des ressources naturelles pour soutenir leurs actions de déstabilisation de notre pays, avec les recettes de leur trafic des minerais de sang.

Le 1er vice-président du Bureau de l'Assemblée nationale avait, dans une intervention de clarification, à la tribune de leur institution, révélé qu'ils détenaient des informations prouvant qu'il y avait des complicités internes qui soutenaient les groupes rebelles étrangers et les milices locales et qui ne s'affichaient pas comme telles. Un Congolais digne de ce nom ne pouvant apporter sa caution à l'insécurité entretenue dans son pays, il ne devait que s'opposer énergiquement à cette collusion avec les ennemis de la république.

Jean-Marc Kabund a martelé qu'il faut que ces massacres s'arrêtent une fois pour toutes. Le sang de nos compatriotes de l'Est a trop coulé. On peut déplorer la confusion délibérément entretenue par certains mouvements citoyens qui surgissent de nulle part pour soutenir la cause de toutes ces forces négatives. Cela ne peut que révolter les bonnes consciences, car il s'agit de la question cruciale de déstabilisation d'une partie de la République. Le territoire national étant en danger de balkanisation, l'on devait plutôt enregistrer un élan de solidarité avec les victimes innocentes de la perfidie des acteurs politiques.

Lors de ce débat de clarification, des élus du peuple, en vrais patriotes, sont sortis du bois pour exiger la sincérité de leurs collègues qui ne jouent pas francjeu. Il est plus que temps que chacun prenne ses responsabilités, car il s'agit d'une question de l'intégrité territoriale et de la souveraineté nationale.J.R.T.

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