Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS lors du point presse sur la Covid-19 - 26 mars 2021

177 pays et économies ont commencé à vacciner leur population. En seulement un mois, le Mécanisme COVAX a distribué plus de 32 millions de doses de vaccins dans 61 pays.

De nombreux pays ont investi de bonne foi dans le Mécanisme COVAX, mais leurs espoirs sont désormais contrariés du fait des accords bilatéraux qui n'ont pas permis au Mécanisme d'obtenir davantage de doses. L'OMS et ses partenaires continuent de travailler sans répit pour trouver des moyens d'augmenter la production et d'obtenir des doses.

L'OMS est également préoccupée par la possibilité que des groupes criminels exploitent l'énorme demande mondiale non satisfaite de vaccins. Nous invitons l'ensemble des parties prenantes concernées à ne pas acheter de vaccins en dehors des programmes de vaccination dirigés par les autorités publiques. Tout vaccin acheté en dehors de ces programmes peut s'avérer être de qualité inférieure ou falsifié, et entraîner de lourdes conséquences.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Bonjour, bon après-midi et bonsoir.

En début d'année, j'ai lancé un appel à l'action afin que tous les pays œuvrent de concert pour que la vaccination soit engagée dans tous les pays au cours des 100 premiers jours.

177 pays et économies ont commencé à vacciner leurs populations. En seulement un mois, le Mécanisme COVAX a distribué plus de 32 millions de doses de vaccins dans 61 pays. Le Mécanisme COVAX fonctionne.

Il ne reste plus que 15 jours avant le 100e jour de l'année, et 36 pays sont toujours dans l'attente de vaccins pour commencer à vacciner les soignants et les personnes âgées.

Parmi ces pays, 16 devraient recevoir leurs premières doses provenant du Mécanisme COVAX au cours des 15 prochains jours. Il reste donc 20 pays qui sont prêts et attendent de recevoir des vaccins.

Le Mécanisme COVAX est prêt, mais nous ne pouvons pas livrer des vaccins que nous n'avons pas.

Comme vous le savez, les accords bilatéraux, l'interdiction de l'exportation, le nationalisme vaccinal et la diplomatie en matière de vaccins ont causé des distorsions sur le marché, et on observe des inégalités flagrantes dans l'offre et la demande.

L'augmentation de la demande de vaccins a entraîné des retards dans l'obtention de dizaines de millions de doses sur lesquelles le Mécanisme COVAX comptait.

Mais il est possible de résoudre le problème de la mise en route de la vaccination dans tous les pays au cours des 100 premiers jours. Le Mécanisme COVAX nécessite 10 millions de doses immédiatement comme mesure provisoire d'urgence afin que ces 20 pays puissent commencer à vacciner leurs soignants et les personnes âgées dans les deux prochaines semaines.

Aujourd'hui, je demande donc aux pays qui disposent de doses de vaccins bénéficiant de l'autorisation d'utilisation d'urgence de l'OMS de faire don d'autant de doses qu'ils le peuvent pour nous aider à atteindre cet objectif.

Et je prie instamment les fabricants à aider à faire en sorte que ces pays puissent rapidement faire don de ces doses.

De nombreux pays peuvent se permettre de donner des doses sans pour autant entraîner de perturbations majeures concernant leurs propres plans de vaccination.

Plus il y aura de pays qui feront des dons dès que possible, plus nous aurons de doses à partager avec les pays qui en ont désespérément besoin.

Le partage des doses est un choix politique difficile, et les gouvernements ont besoin du soutien de leur population. Je suis encouragé par les enquêtes dans les pays à revenu élevé révélant un large soutien à l'équité vaccinale.

Dix millions de doses : ce n'est pas beaucoup et c'est loin d'être suffisant, mais c'est un début.

Nous aurons besoin de centaines de millions de doses supplémentaires dans les prochains mois.

De nombreux pays ont investi de bonne foi dans le Mécanisme COVAX, mais leurs espoirs sont désormais contrariés du fait des accords bilatéraux qui n'ont pas permis au Mécanisme d'obtenir plus de doses.

L'OMS et ses partenaires continuent de travailler sans répit pour trouver des moyens d'augmenter la production et d'obtenir des doses.

Quatre autres vaccins sont désormais à différentes étapes du protocole OMS d'autorisation d'utilisation d'urgence, et nous espérons en approuver au moins un d'ici la fin avril.

L'OMS est également préoccupée par la possibilité que des groupes criminels exploitent l'énorme demande mondiale non satisfaite de vaccins.

Plusieurs ministères de la santé, autorités nationales de réglementation et organismes de passation des marchés publics ont reçu des offres suspectes pour la fourniture de vaccins anti-COVID-19.

Nous sommes également conscients que les vaccins sont détournés et réintroduits dans la chaîne d'approvisionnement, sans aucune garantie que la chaîne du froid ait été maintenue.

Certains produits falsifiés sont également vendus et présentés comme étant des vaccins sur Internet, en particulier sur le dark web, et nous avons reçu d'autres rapports faisant état de pratiques de corruption et de la réutilisation de flacons de vaccins vides.

Nous préconisons l'élimination ou la destruction en toute sécurité des flacons de vaccins utilisés et vides afin d'éviter qu'ils ne soient réutilisés par des groupes criminels.

Nous invitons tous les acteurs concernés à ne pas acheter de vaccins en dehors des programmes de vaccination dirigés par les autorités publiques.

Tout vaccin acheté en dehors de ces programmes peut s'avérer être de qualité inférieure ou falsifié, et entraîner de lourdes conséquences.

Il est essentiel de souligner que des effets néfastes dus à un vaccin falsifié n'impliquent pas de problèmes de sécurité concernant un produit authentique/officiel.

L'OMS émet régulièrement des alertes mondiales sur les produits de qualité inférieure ou falsifiés, et nous le ferons au moment opportun et si nécessaire pour les vaccins et les traitements contre la COVID-19.

Nous invitons instamment l'ensemble des pays et chaque individu à accorder une attention particulière à cette question. Il convient de signaler toute vente suspecte de vaccins aux autorités nationales, lesquelles notifieront l'OMS. La circulation de l'information est essentielle pour établir une cartographie des menaces mondiales et protéger la confiance dans les vaccins.

Enfin, pour conclure : Chag Pesach Sameach [hag pesak sa-may-ak] à tous ceux qui célèbrent demain la première nuit de la Pâque juive.

Christian, c'est à vous.

A La Une: Presse et Média

Plus de: WHO

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.