Afrique: M. Abderahmane Berthé, Secrétaire général de l'AFRAA – «Le soutien financier aux compagnies aériennes tarde à se concrétiser malgré les promesses »

M. Abderahmane Berthé, secrétaire général de l’Association aérienne africaine (AFRAA)
1 Avril 2021

Le Coronavirus (COVID-19) a mis à mal le secteur de l’aéronautique et l’économie mondiale tout entière. Les acteurs du secteur faisaient état d’une demande de transport aérien négativement affectée avec des pertes pour les compagnies aériennes en raison de changements d'horaires importants, de restrictions et d'annulations de voyage. Interpellé sur l’état de l’industrie aéronautique dans ce context de relance économique, le Secrétaire général de l'Association des compagnies aériennes africaines (Afraa), M. Abderahmane Berthé, fait le bilan, après un an de COVI-10, pour allafrica.com. Il partage avec nous les priorités sur lesquelles s’appuyer pour amorcer le meilleur des décollages et les opportunités offertes avec des initiatives comme le Marché Unique du Transport Aérien Africain, la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf), entre autres.

Quel est l'état de l'industrie aéronautique africaine après un an de pandémie?

2020 a été une année exceptionnellement difficile dans l'histoire de l'aviation mondiale. La perte totale de revenus pour les compagnies aériennes africaines est estimée à 10,21 milliards de dollars par l'AFRAA.

Avec les nouvelles variantes du Covid-19 et la troisième vague, 2021 sera à coup sûr une autre année difficile. La capacité offerte par les compagnies aériennes reste inférieure au niveau de 2019 avant la pandémie. Le taux de reprise des vols internationaux en Mars 2021 est de 64.2% par rapport au niveau en Février 2019 avant le Covid-19.

En Janvier 2021, nous avons enregistré que neuf (09) gouvernements africains ont accordé un soutien financier d'un montant total de 2,456 milliards USD au secteur du transport aérien. Malheureusement, ces montants ont été attribués aux entreprises dans lesquelles les États sont actionnaires, laissant pour compte le secteur privé.

En 2018, l’aviation a contribué pour 2,7% au PIB du continent africain et 7,7 millions d’emplois.

Pour éviter les faillites, nous continuons de demander aux gouvernements et aux institutions financières de développement un soutien financier aux compagnies aériennes. Malheureusement, force est de constater que ce soutien tarde à se concrétiser malgré les promesses.

Quelles sont les priorités et plans stratégiques actuels sur lesquels l'AFRAA compte mettre en œuvre l'année 2021, surtout dans ce contexte de relance économique?

Nous avons aligné nos priorités pour faire face aux effets du Covid-19. À cet égard, le plan stratégique quinquennal de l'AFRAA prend en compte les actions visant une relance efficace du secteur du transport aérien.

Pour 2021, il est important de:

-          Poursuivre les efforts pour obtenir un soutien financier aux compagnies aériennes afin de faciliter leur redressement.

-          Mettre en œuvre les recommandations du CART de l'OACI pour renforcer la sécurité sanitaire et restaurer la confiance des passagers.

-          Améliorer la coopération entre les compagnies aériennes pour une meilleure connectivité, une réduction des coûts et une augmentation des revenus.

-          Fournir aux compagnies aériennes et à l'industrie dans son ensemble des activités de conseils et de soutien au renforcement des capacités.

L’AFRAA continuera à travailler avec tous les acteurs du secteur de l’aviation pour la réalisation de ces objectifs.

Quelle est votre aperçu sur la reprise de l'industrie développée autour de la COVID 19 et des opportunités de croissance pour les compagnies aériennes africaines?

Pour une reprise effective de l’industrie, les États devraient créer un environnement réglementaire favorable pour soutenir le développement durable du transport aérien. Ils doivent mettre en œuvre les projets phares de la Commission de l’Union Africaine: le MUTAA (Marché Unique du Transport Aérien Africain), la ZLECAf (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine), le protocole de libre circulation des personnes. Ces projets stimuleront la croissance du transport aérien.

Au niveau des acteurs de l'industrie, nous devons adopter une approche collaborative pour résoudre les nouveaux défis auxquels notre industrie est confrontée.

Les futures normes autour du Covid-19 offrent de nouvelles opportunités d’innovations avec l’utilisation accrue de technologies pour voyager sans contact et améliorer l'expérience des passagers.

Le Covid-19 impose aux compagnies de mettre en place de nouvelles stratégies pour réduire les coûts et repenser leurs activités pour mieux s’adapter aux nouvelles contraintes.

Où en êtes-vous avec le marché unique du transport aérien africain avec l'entrée en vigueur de la zone de libre-échange continentale africaine?

La mise en œuvre du MUTAA relève de la responsabilité et de la volonté des États. A ce jour, seulement 34 États africains ont signé l’engagement solennel au MUTAA.

L’impact négatif du Covid-19 sur la connectivité intra africaine est une raison pour accélérer l’implémentation du MUTAA.

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