Burkina Faso: Secteur de la santé - Il faut secouer le cocotier

En tournée dans certains centres de santé, le ministre de la Santé, Charlemagne Ouédraogo, a pu toucher du doigt certaines réalités. En effet, tout en félicitant le personnel soignant pour les efforts abattus, il n'a pas manqué de fustiger le comportement de certains agents qui détournent et revendent des produits destinés à la gratuité des soins.

Et là, le premier responsable du département de la Santé s'appuie sur les révélations faites par la gendarmerie nationale qui, au cours d'un point de presse, présentait des agents de santé qui se sucraient sur le dos de l'Etat en revendant des produits volés, dans des cabinets de soins qui, d'ailleurs, ne disposaient pas d'autorisation d'ouverture.

C'est dire si ce dont parle le ministre, n'est pas une vue de l'esprit. C'est une réalité au pays des Hommes dits intègres. Je comprends d'ailleurs pourquoi, très remonté, le ministre plaide pour la création d'« une prison spéciale » pour les agents de santé entrés en conflit avec la loi dans l'exercice de leurs fonctions. Cela, je le sais, a provoqué une levée de boucliers.

Mais personnellement, je suis de ceux-là qui soutiennent le ministre dans sa démarche. Car, pour moi, il est inadmissible que des gens qui ont prêté serment pour sauver des vies, se rendent coupables de certains écarts de comportements. Il faut sanctionner pour l'exemple. Le secteur de la santé est si sensible que l'on ne saurait le laisser entre les mains d'individus sans foi ni loi. Je sais qu'il y a des agents de santé irréprochables, qui font leur travail en toute conscience et avec professionnalisme. Je ne citerai pas de noms. Mais je leur tire mon chapeau. Mais à côté de ces bons exemples, il en existe de mauvais qui veulent faire de leur profession, une rente viagère tant et si bien qu'ils se permettent tous les excès.

Pr Charlemagne Ouédraogo est sur le bon chemin

Pour eux, seule la fin justifie les moyens. C'est contre cette race de ripoux que les autorités se doivent de sévir pour autant que l'on veuille assainir le milieu de la santé. Je le dis parce qu'en plus de détourner des produits, il y a des agents qui sabotent parfois le matériel biomédical afin d'aller travailler dans le privé.

D'autres ne viennent même pas au travail et préfèrent vaquer tranquillement à leurs propres affaires et cela, pendant que des malades, abandonnés à eux-mêmes, cherchent personnel soignant. J'oublie volontiers le cas de ces agents qui font semblant de prendre la garde mais qui passent toute la nuit à dormir. Et gare à l'usager qui va les réveiller. Il en prendra pour son grade.

Et à ce niveau aussi, je suis d'accord avec le ministre de la Santé, qu'il y a nécessité de faire en sorte que même les spécialistes, à tour de rôle, prennent la garde. Car, n'oubliez surtout pas qu'il s'agit là du domaine de la santé où le moindre temps perdu peut coûter la vie à un patient.

Malheureusement, je fais le constat que dans ce pays-là, les gens sont prompts à revendiquer leurs droits, oubliant qu'ils ont aussi des devoirs. Il faut que les choses changent et que les uns et les autres comprennent que c'est à la sueur de notre front que nous pouvons bâtir une nation prospère. Pr Charlemagne Ouédraogo est donc sur le bon chemin. Je sais que cela lui vaudra des peaux de bananes. Mais il aura eu le mérite d'avoir mis le doigt là où ça fait mal. Bon vent lui !

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