Cameroun: Bonabéri - Des dons pour les déplacés internes

Le soutien matériel de l'association Bringing Hearts Together le 27 mars dernier à Douala fait partie d'un projet global d'accompagnement.

Des vêtements, des chaussures, des produits de première nécessité (riz, sel, savon, huile, etc.), du matériel de lutte anti-Covid (masques, dispositifs de lavage). Tout cela représente le don remis à des femmes et enfants déplacés internes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le 27 mars 2021 à Bonabéri, dans l'arrondissement de Douala IV, par l'association Bringing Hearts Together (BHeT). Une démarche nécessaire, de l'avis de Regina Etaka Esong, présidente de l'association : « Ce sont des gens qui ont dû abandonner le confort de leurs maisons, leur travail, leur commerce, fuir la crise sécuritaire dans le NoSo. Et ici, les conditions de vie sont très difficiles. Alors nous sommes venus pour les soutenir et leur apporter des produits pour leurs besoins de base. »

Ces propos ont trouvé leur écho dans ceux de Kerin Nkogdem Ngwa, une déplacée interne. Tout en remerciant BHeT pour son geste, elle a saisi l'occasion pour lancer un cri de détresse au nom des autres bénéficiaires et de leurs familles : « La première chose qu'il nous faut, c'est de la nourriture. Nous en manquons. De plus, nous n'avons pas d'eau potable. Pour ceux qui peuvent envoyer les enfants à l'école, ils y vont parfois avec des récipients vides pour pouvoir rapporter de l'eau. C'est très difficile. Ne nous abandonnez pas !» Difficile, un adjectif qui sied bien aux conditions des déplacés internes vivant (survivant plus exactement) dans un marécage insalubre, à Bonamomè. Une insalubrité renforcée par le manque de toilettes.

L'autre problème posé par les bénéficiaires du don, c'est le manque de scolarisation de beaucoup d'enfants, comme l'explique la jeune Blessing Nji : « Nos parents n'ont pas d'argent pour nous envoyer à l'école. Nous aimerions reprendre le chemin de l'école. Nous aimerions que le gouvernement nous vienne en aide. » Un plaidoyer appuyé par la présidente de BHeT qui lance un appel à toutes les âmes de bonne volonté pour soutenir ce besoin de scolarisation. L'association par exemple prend déjà en charge plusieurs enfants et leur a permis de retourner sur les bancs.

Mais consciente que les aides ne suffisent pas, BHeT compte œuvrer pour l'autonomisation financière des femmes de cette communauté. Dix premiers cas urgents ont été identifiés pour une formation sur des activités génératrices de revenus et des appuis financiers pour pouvoir lancer un commerce et subvenir aux besoins de leur famille. A côté de cela, une session de thérapie est prévue dans les prochains jours pour aider des déplacés internes à surmonter les traumatismes subis lors de la crise au Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

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