Gambie: " L'ancien Président Jammeh a camouflé ses mensonges en ordonnant l'emprisonnement de 3 membres du gouvernement "

Maître Lamin K. Mboge, avocat de profession, a révélé hier lors de la deuxième journée de son témoignage devant la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC), que l'ancien Président Yahya Jammeh a ordonné l'emprisonnement de l'ancien Procureur Général Harry Sambou, de l'ancien Secrétaire Général Njogu Bah ainsi que de son assistant personnel Momodou Sabally juste afin de camoufler ses mensonges.

" Yahya Jammeh a signé un ordre pour l'arrestation, la détention et le procès du juge Wowo. Mais lorsqu'il a appris que le juge Wowo était un citoyen américain et que l'Ambassadeur américain a exprimé des préoccupations concernant les irrégularités de son arrestation, l'ancien Président Jammeh a alors retiré ses ordres tout en imputant la responsabilité de l'arrestation de Wowo à l'ancien Procureur Général Njoigo Bah et à Sabally. "

Maître Mboge a déclaré que les trois membres du gouvernement ont été traduits devant la justice. Le jour du jugement, ils gardaient espoir d'une possible exonération judiciaire. Il a ajouté que le tribunal était censé reprendre les débats à 10 heures du matin mais le juge est resté dans son cabinet jusqu'à 13 heures de l'après-midi. D'après les informations obtenues, des officiers en civil étaient dans le cabinet du juge dans le but de le persuader de changer son verdict et de condamner les trois membres du gouvernement

" Jammeh a ordonné l'emprisonnement des trois membres du gouvernement juste afin de camoufler son mensonge. "

Le témoin a poursuivi son témoignage pour révéler que beaucoup de choses se sont passées dans ce pays pendant les 22 ans de règne de l'ancien Président Jammeh. Il a ajouté que l'accident de Mai Fatty était prémédité car il avait été planifié par un groupe d'individus qui travaillaient pour Jammeh en vue de l'élimination de Fatty du système judiciaire.

Il a également révélé au cours de son témoignage qu'il avait fait l'objet d'une tentative d'assassinat en 2006 lors du procès pour trahison lorsqu'un officier de l'Agence Nationale de Renseignements (NIA) s'est approché de son véhicule qui était garé ce jour-là dans la cour de sa résidence familiale de Brikama.

" Il m'a interpellé et à son arrivée, j'ai réalisé qu'il était au volant d'un véhicule noir à vitres teintées. J'ai donc suspecté qu'il travaillait pour l'Agence Nationale de Renseignements car ce sont les agents de la NIA qui avaient l'habitude de conduire de tels véhicules. "

Le témoin a poursuivi son récit pour dire qu'il avait été la cible d'une autre tentative d'assassinat lorsqu'il conduisait sa famille au village pour la fête de Tabaski.

" J'avais été déclaré mort suite à une collision en 2016 avec un camion. Cet incident avait été délibérément planifié et exécuté. Je remercie Dieu le Tout-Puissant que je suis toujours en vie car j'étais dans la voiture en compagnie de cinq autres membres de ma famille dont mon épouse. "

Il a déclaré à la Commission que des hommes vêtus de noir s'étaient mis à sa recherche en 2016 en vue de procéder à son assassinat, mais sans succès.

Le témoin a révélé qu'il avait été arrêté, inculpé et détenu en 2009 parce qu'il représentait Sarjo Fofana dans un contentieux juridique impliquant Lang Tombong Tamba. Son arrestation a été, selon lui, politiquement motivée.

Maître Mboge a confirmé à la commission qu'il a apporté plus tard son soutien au gouvernement de Jammeh, et ce, afin d'être exonéré des poursuites judiciaires.

"J'ai soutenu et j'ai fait campagne pour Jammeh. Je lui ai publiquement fait allégeance et j'ai établis plus tard le Rival Bar Association."

Apres un long débat avec le Principal Conseiller Juridique Essa Faal concernant plusieurs termes juridiques, le témoin a finalement reconnu avoir été utilisé et manipulé par Jammeh contre ses collègues.

Dans sa conclusion, il a exhorté le gouvernement à soutenir le système judiciaire, et ce, à travers l'approvisionnement de fonds en vue de permettre le développement et le renforcement des compétences et capacités. Il a également exhorté le gouvernement d'agir promptement afin de trouver une solution au problème du " système des castes " dans la région de l'Upper River.

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