Sénégal: L'affaire Adji Sarr alimente la polémique

Les associations de femmes regrettent de n'avoir pas assez témoigner leur soutien à Adji Sarr dans l'affaire de viol présumé qui l'oppose à Ousmane Sonko.

Certaines militantes des droits des femmes dénoncent en effet le caractère politique du dossier et déplorent l'acharnement qui s'est manifesté contre Adji Sarr.

Des femmes déshonorées, frustrées face à l'affaire de viol présumé qui oppose Adji Sarr au leader de l'opposition Sénégalaise Ousmane Sonko.

Pour Safietou Diop, la présidente du réseau Siggil Jigéen, les organisations de femmes et des droits humains n'arrêtent pas de lutter pour l'intégrité physique et morale des femmes, y compris celle d'Adji Sarr, même si son dossier est toujours devant la justice.

"C'est une affaire qui nous touche au plus profond de nous-mêmes. Nous avons beaucoup d'empathie pour cette fille qui est victime d'une société car elle est orpheline et subit encore une autre violence : la manipulation de tous bords , des politiques, des journalistes, des avocats. Elle est triplement victime d'une situation qui montre que le statut de la femme est encore à revoir dans notre société et à améliorer davantage", explique-t-elle.

Près de 300 cas de violences sexuelles

Depuis 2016, le Sénégal est confronté à une recrudescence des cas de viols malgré l'existence d'une loi pénalisant les différentes formes de mutilations génitales féminines et de violences sexuelles.

En 2020, l'Association des juristes sénégalaises, l'AJS, a répertorié 290 cas de violences sexuelles sur 1.694 cas de violences faites aux femmes.

"Quand une personne victime de violence se rapproche de nous, nous l'aidons à rédiger la plainte, nous l'assistons à déposer cette plainte et si elle a besoin d'un avocat, nous l'appuyons pour la commission d'avocats et nous la suivons sur le plan psycho-social en la mettant en relation avec les services avec lesquels nous collaborons", estime Amy Sakho, juriste et membre de l'AJS.

Une loi contre le viol

Khaira Thiam est psychologue clinicienne. Elle milite pour les droits des femmes victimes de violences et d'injustices institutionnalisées. Pour elle, toutes les femmes ont été victimes de violences sexuelles au moins une fois dans leur vie.

"Moi, j'aimerais bien qu'on me dise qu'elle est la femme qui n'a jamais vécu d'expérience d'agression sexuelle. Ça n'existe pas. Entre le mec qui vous siffle dans la rue, le phénomène des frotteurs dans les transports en commun, le mari qui vous insulte ou qui vous soumet à un viol conjugal parce qu'il pense en avoir le droit et qu'il a tous les droits sur votre corps. Il n'existe aucune femme au monde aujourd'hui qui n'a jamais vécu de violences sexuelles", dit Khaira Thiam.

La lutte des organisations des droits des femmes a été finalement payante, rappelle Safietou Diop du réseau Siggil Jigéen. En effet, en décembre 2019, les femmes ont obtenu une loi criminalisant le viol. Une loi promulguée l'année dernière (en 2020).

Plus de: DW

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