Congo-Kinshasa: Grand Equateur - Eviter une « Turquoise » bis

Tous les Congolais, particulièrement ceux de l'Est de la RDC, ne peuvent oublier l'opération la « Turquoise » menée par l'armée française, en 1994, après l'assassinat du président rwandais Habyarimana, suivi d'une guerre civile entre les Tutsis et les Hutus rwandais.

Cette situation a provoqué dans notre pays une guerre interminable à l'Est du pays, où des milices communautaires hutus, tutsis et autochtones s'affrontent dans une guerre sans fin, faisant des millions des morts sur le territoire national congolais. Jusqu'à ce jour, aucun pays ou des organisations humanitaires impliquées dans ces massacres de l'Est de la RDC n'acceptent d'en endosser les responsabilités.

Moins encore d'admettre de dédommager la population meurtrie. A cause de cette opération, la RDC est obligée de faire aussi face à des revendications de nationalité et des terres.

Aujourd'hui encore, les Congolais sont étonnés d'entendre de nouveau d'autres plans - toujours qualifiés d'humanitaires - pour secourir des populations, censées être en détresse, afin qu'elles s'établissent sur le territoire de la RDC ; un établissement qualifié une fois encore de temporaire. Qu'en sera-t-il à la longue ? Avec le temps, ne va-t-on pas assister, une fois de plus, à des revendications de terres, comme ce fut le cas à l'Est du pays ? Revendications qui vont s'accompagner, à ne point douter, des conflits communautaires, car les tribus autochtones n'accepteront pas l'injustice et ne se laisseront pas mater. Il convient donc d'être prudent et de ne plus laisser se répéter les effets néfastes de l'opération « Turquoise » de triste mémoire, conséquences qui nous collent jusqu'au aujourd'hui.

La solidarité internationale ou africaine est une bonne chose dont on ne doit pas abuser. Si on ne prend garde, dans l'avenir, le phénomène de revendication foncière vécu à l'Est du pays risque de se généraliser sur l'ensemble du territoire national, multipliant ainsi les conflits locaux et mettant en mal l'unité du pays. Les autorités nationales ont l'obligation constitutionnelle de veiller sur l'application correcte de ces plans humanitaires. RSK

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