Afrique: Nouveau flop des discussions sur le Nil

Aucun accord au sortir de la réunion de Kinshasa. Les ministres des Affaires étrangères d'Egypte, d'Ethiopie et du Soudan n'ont pas réussi à s'entendre sur le GERD, le barrage géant que construit l'Ethiopie sur le Nil.

Félix Tshisekedi, le président en exercice de l'Union africaine, espérait "un nouveau départ". David Tshishiku, chef des experts congolais sur le barrage, affichait encore son optimisme mardu soir [06.04.21], déclarant que des "premiers pas" avaient été effectués "sur lesquels le président [Tshisekedi] va bâtir maintenant les alternatives et les approches de travail." Le Congolais allant jusqu'à saluer "une bonne base sur laquelle on peut se projeter."

Mais malgré le nom prémonitoire de l'hôtel, l'hôtel Fleuve, qui accueillait les discussions à Kinshasa, ni la médiation de Félix Tshisekedi, ni la prolongation d'un jour des pourparlers n'a permis de trouver un compromis sur le Grand barrage de la renaissance (GERD).

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L'Ethiopie a posé la première pierre de l'édifice en 2011. Il est destiné, selon Addis Abeba, à produire de l'énergie hydroélectrique pour les Ethiopiens, avec une capacité annoncée de près de 6.500 mégawatts.

En août dernier, le gouvernement a affirmé que la première phase des opérations de remplissage du barrage avait été entamée. Ce mercredi, le ministre éthiopien de l'Eau, Seleshi Bekele, a déclaré que son pays continuerait à remplir le réservoir à la prochaine saison des pluies [à partir de juin ou juillet].

La crainte en aval

Depuis dix ans, l'Egypte et le Soudan s'inquiètent, en aval du fleuve, de la construction.

A l'issue des négociations, la cheffe de la diplomatie soudanaise a déclaré que l'Ethiopie "menace les peuples du bassin du Nil, et le Soudan directement", soit près de 250 millions de personnes. "La partie éthiopienne utilise ces négociations pour imposer à tous une réalité qui viole les fondements du droit international et, plus encore, les principes des relations de bon voisinage."

Vers un durcissement ?

L'Egypte, elle, a une économie qui dépend de l'agriculture irriguée par les eaux du Nil. La population puise aussi dans le fleuve une grande partie de son eau potable.

Il y a quelques jours, le président al-Sissi a mis en garde quiconque toucherait "une seule goutte d'eau" des Egyptiens, avertissant que la région connaîtrait alors une "instabilité inimaginable".

Peut-être est-ce un hasard du calendrier, mais le Soudan a invité le 3 avril des avions de chasse égyptiens pour des entraînements.

Le Soudan et l'Egypte proposent désormais l'intervention de l'Union européenne, des Etats-Unis, et même des Nations unies pour appuyer la médiation de l'Union africaine, mais les deux pays affirment avoir essuyé un refus de l'Ethiopie.

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