Afrique: Barrage de la Renaissance - L'Égypte et le Soudan dénoncent l'attitude «intransigeante» de l'Éthiopie

L'Éthiopie s'est déclarée mercredi 7 avril déterminée à continuer à remplir le méga-barrage qu'elle construit sur le Nil, malgré le contentieux persistant avec l'Égypte et le Soudan. Toujours pas de compromis donc sur le sujet. La capitale de la RDC, Kinshasa accueillait jusqu'à mardi 7 avril un nouveau round de négociations sur le sujet. Les délégations ministérielles d'Éthiopie, du Soudan et de l'Égypte étaient réunies depuis dimanche par le président congolais Félix Tshisekedi, actuel président en exercice de l'Union africaine. Mais les pourparlers se sont conclus sans succès.

L'Égypte et le Soudan sont unis dans la colère. Leur ministre des Affaires étrangères respectifs ont dénoncé dès mardi 7 avril l'attitude « intransigeante » de l'Éthiopie. Le chef de la diplomatie égyptienne Sameh Shoukri, pour qui ces négociations étaient celles de « la dernière chance », a affirmé que les représentants éthiopiens avaient refusé toutes leurs propositions.

La ministre soudanaise, Mariam al-Sadiq, elle, a eu des propos très durs, accusant l'Éthiopie de « violer le droit international », de « menacer les peuples du bassin du Nil et le Soudan directement ». Selon elle, l'ONU devrait retirer sa confiance dans les soldats éthiopiens stationnés dans l'enclave d'Abyei, « profondeur stratégique » disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud, alors qu'Addis-Abeba « masse des troupes » à la frontière du triangle d'El-Fashqa, où l'armée soudanaise affronte des milices éthiopiennes soutenues par l'armée fédérale. Elle a appelé Félix Tshisekedi à trouver une issue à ces « négociations interminables et insuffisantes ».

Le rôle des « observateurs », un problème ?

Du côté éthiopien, on assure pourtant de sa bonne foi. Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a publié un long communiqué pour s'expliquer. Il est revenu sur le point de contention qui a empêché la signature d'un communiqué commun : le rôle des « observateurs » américains et européens dans les négociations, que le Soudan et l'Égypte veulent voir renforcer, ce qu'AddisAbeba refuse, souhaitant préserver le caractère exclusivement africain des pourparlers. Réaffirmant le droit de l'Éthiopie a exploité les eaux du Nil, il a confirmé que la deuxième phase du remplissage du réservoir du barrage commencerait bel et bien cet été, à la saison des pluies, en dépit des menaces.

La présidence congolaise a toutefois fait savoir que Félix Tshisekedi ferait de nouvelles propositions pour que les discussions reprennent.

Plus de: RFI

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