Sénégal: Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme - La BCEAO insiste sur le renforcement des dispositifs de lutte

7 Avril 2021

Le renforcement des dispositifs internes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Lbc/Ft) était mercredi un des sujets de la première rencontre trimestrielle de l'année 2021 entre la Direction nationale de la Bceao et les dirigeants des établissements de crédit.

Cette réunion organisée en visioconférence a été présidée par Ahmadou Al Aminou Lô, Directeur National de la Bceao pour le Sénégal, en présence du président de l'Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal (Apbefs), Mamadou Bocar Sy, des Directeurs généraux des établissements de crédit ou de leurs représentants ainsi que du Directeur exécutif de l'Apbefs.

Selon un communiqué, «les échanges ont porté principalement sur l'analyse de la situation récente du système bancaire dans le contexte de persistance de la pandémie à Covid-19 ainsi que sur le renforcement des dispositifs internes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Lbc/Ft) des établissements de crédit».

Le document note que « s'agissant du renforcement des dispositifs internes de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, les établissements de crédit ont, en ce qui les concerne, passé en revue les mesures urgentes à prendre en leur sein, à la suite de la décision prise par le Gafi, au mois de février 2021, de placer le Sénégal sur la liste des pays présentant des déficiences dites 'stratégiques' dans son dispositif Lbc/Ff ».

Le Sénégal et trois autres pays ont été placés, au mois de février, sous surveillance par le Groupe d'action financière (Gafi) pour leurs manquements dans la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Le Gafi, un organisme intergouvernemental, a ajouté, à l'issue d'une réunion plénière, ces quatre pays à la « liste grise » des pays présentant des « déficiences stratégiques », mais qui ont pris l'engagement de mettre en œuvre des plans d'action dans des délais impartis pour améliorer leur situation.

Au cours de leur réunion avec la Direction nationale de la Bceao, les Directeurs généraux des établissements de crédit « se sont accordés sur les actions à mettre en œuvre en matière d'obligations renforcées de vigilance, en vue du respect intégral des dispositions en vigueur, en particulier celles relatives à l'identification des clients et des bénéficiaires effectifs, à l'évaluation et à la maîtrise des risques, à la formation du personnel, à la surveillance des transactions et au signalement des opérations suspectes ».

S'agissant de la situation du système bancaire, le communiqué note qu'elle « a été marquée en 2020 par une bonne tenue des principaux indicateurs, sous l'effet des mesures exceptionnelles prises par l'Etat et la Bceao pour limiter l'impact de la Covid-19 sur l'économie sénégalaise ».

Selon le document, « les emplois bancaires se sont inscrits en hausse de 843,0 milliards (+12,5%) en variation annuelle pour s'établir à 7.609,3 milliards, sous l'effet principalement de l'augmentation substantielle des concours à l'Administration centrale et à ses démembrements, sous forme de crédits ou de souscription à des titres publics et, dans une moindre mesure, des crédits au secteur privé ».

Toutefois, les Directeurs généraux des établissements de crédit se sont « préoccupés des perspectives entourées d'incertitudes pour l'année 2021, en termes de reprise d'activités au niveau de certains secteurs économiques, et l'impact sur le profil de leurs portefeuilles de risques sur la clientèle ».

Ils « ont, à cet égard, souligné la nécessité d'une analyse approfondie de la situation des entreprises qui continuent d'être affectées par les effets de la pandémie de la Covid-19 et des solutions idoines à y apporter ».

Dans ce cadre, ces Directeurs « ont mis en exergue l'importance à attacher au maintien de concertations étroites entre l'Etat et les banques, en particulier dans la mise en œuvre du plan de relance économique ».

Selon le communiqué toujours, « ils ont également relevé l'opportunité de procéder à l'évaluation de l'impact éventuel, sur leur clientèle débitrice, des réallocations budgétaires consacrées au financement des plans d'urgence pour l'emploi des jeunes ».

Les dirigeants des établissements de crédit « ont enfin pris connaissance des résultats du cadrage macroéconomique 2021-2022 du Sénégal effectué par les Services de la Bceao et des recommandations issues de la 31ème rencontre du Conseil national du crédit ».

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