Congo-Kinshasa: Calvaire !

L'atmosphère politique congolaise devient de plus en plus immonde à la suite de l'alternance dite pacifique au sommet de l'Etat. Le naufrage du Paquebot FCC ainsi que l'arrivée de l'Arche de Noé USN n'ont toujours pas pansé la plaie de la faim, de l'insécurité, pour ne citer que ces deux maux du peuple qui, deux ans plutôt, se frottait les mains, croyant assister à l'amélioration de ses conditions de vie après l'arrivée de "Fatshi béton" à la magistrature suprême.

Visiblement, le peuple congolais est loin de voir le bout du tunnel de ses misères. Le temps ne représente alors rien pour les politiques congolais, le bonheur du souverain primaire n'est, bien plus encore, qu'un cadet de leur souci.

Tenez ! Après près de 5 mois que la RDC ait passé sans gouvernement d'un côté, et la passivité quant à la publication de l'équipe de Sama Lukonde, de l'autre, plus rien ne va. Le Congo de Lumumba est pris manifestement en otage, et même bloqué. Est-ce toujours le FCC qui bloque ? Le peuple, lui, ne sait à quel saint se vouer. Son cœur longtemps meurtri ne fait que saigner à cause des mauvais états de routes à travers le pays, des tueries et des viols sous toutes ses formes au Nord et Sud-Kivu, la famine partout à travers le pays. L'on pourrait conclure que le Président de la République, qui, deux ans après avoir remarqué des crocs-en-jambe de son ancien partenaire, le FCC, a mis fin à la coalition pour mettre en place un système totalement guidé par les attentes du peuple.

Seulement, il est complètement pris en sandwich. Comme qui dirait, est pris qui croyait prendre. Oui, car il ne sait que faire au vu des attentes de tous les sociétaires de l'USN, venus s'asseoir autour de lui comme dans «La Cène» de Léonard de Vinci afin de boire à la coupe de l'alliance nouvelle. La non-publication de l'équipe gouvernementale jusqu'à ce jour, en est un corollaire. Plus d'un mois après les consultations de Sama Lukonde à l'hôtel du Gouvernement, la fumée blanche ne sait par où se frayer du chemin pour atténuer la douleur multiforme du peuple. Dans l'entretemps, le pays prend la direction du coma et les politiques se frottent bonnement les mains, attendant, chacun en ce qui le concerne, sa part du gâteau de l'Union Sacrée de la Nation sur un plateau doré.

Au-delà de tout, c'est le temps qui coule. Alors, le célèbre leitmotiv « Le peuple d'abord », mériterait, au regard du caractère égocentrique aigu des politiques congolais, subir une modification dans les jours qui viennent car tout le monde veut devenir ministre. La fameuse liste de plus de 80 candidatures pour 8 postes ministériels de l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), prouve à suffisance que l'idéal pour un politique congolais n'est pas les problèmes du peuple, mais ses propres intérêts, une philosophie du moins révolue.

Cependant, la souffrance du souverain primaire s'accentue, les mouvements de grève déclenchés à la Fonction publique ainsi que dans beaucoup d'institutions à travers la République et bientôt au Ministère des Affaires Etrangères devraient en principe interpeller les décideurs car, l'Etat est dans une situation de non-Etat. Le train qui semblait transporter les espoirs de toute une nation est malheureusement en voie de déraillement avant le départ. Le pauvre Chef du Gouvernement est, lui aussi, pris en otage. Certains demandent déjà sa démission. Décidément, la République Démocratique du Congo n'est pas loin d'un sommeil éternel. Le temps n'attendant pas celui qui ne tient pas compte du temps, le pays se meurt et le peuple attend toujours. Quel calvaire ?

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