Cameroun: Faux et usage de faux - Trois suspects aux arrêts

Des individus spécialisés dans la fabrication et l'usage de fausses cartes nationales d'identité ont été interpellés le 4 avril dernier.

Pas besoin d'aller faire la queue pour se faire établir une carte nationale d'identité ou un acte de naissance. Nul besoin également de passer par une auto-école pour obtenir un permis de conduire ou par les bancs pour le diplôme d'une grande école. Il suffisait d'entrer en contact avec Pekekue Njumene, 33 ans, et de débourser une somme de 5000 à 10000 F selon son besoin et le tour était joué.

Cette activité de faussaire se portait bien jusqu'à la nuit du 3 avril, quand son acolyte, le nommé Franck Taoussi, est interpellé par les éléments du Commissariat de sécurité publique du 5e arrondissement de Yaoundé aux environs du Centre hospitalier universitaire (CHU). « Sa présence suspecte a conduit à son interpellation, il a été conduit au commissariat. En regardant son récépissé pour l'identifier, nous nous sommes rendu compte qu'il avait été délivré le 5 avril 2021. Or, nous étions encore dans la nuit du 3 au 4 avril 2021. Le concerné nous a fait comprendre que c'est son président du Club 2-0 de football du quartier Mvog-Betsi qui l'a aidé à obtenir ledit récépissé », explique le commissaire Etienne Michel Bapambe, chef d'unité au commissariat de sécurité publique du 5e arrondissement de Yaoundé.

L'exploitation du président du Club 2-0, Kouotou Aliou, 49 ans, lui-même en possession d'un faux récépissé, a permis de mettre la main sur le fabricant des fausses pièces personnelles, Pekekue Njumene. « Une descente dans sa chambre au quartier Etoudi a permis de mettre la main sur un ordinateur portable, une imprimante, de cachets nominatifs de personnalités comme les commissaires de police en service à Yaoundé, des hauts responsables dans les ministères de l'Education de base, des Enseignements secondaires et de l'Enseignement supérieur. Des demi-cartes photos, des faux actes de naissance, des faux récépissés, des faux diplômes des grandes écoles, des faux relevés de notes des Enseignements secondaires entre autres », fait savoir notre source.

Selon le commissaire Etienne Michel Bapambe, le suspect est passé aux aveux. « Il a dit qu'il a acquis ce matériel pour fabriquer des cartes d'identité scolaires, mais il a trouvé une autre affaire plus rentable ». Le dossier des suspects est en train d'être clôturé, et sera présenté au procureur de la République dans les prochains jours, d'après le commissaire Etienne Michel Bapambe. Le responsable de la police en a profité pour inviter les populations à se rendre à des endroits agréés pour la fabrication des pièces personnelles afin de ne pas tomber dans le piège des faussaires.

Plus de: Cameroon Tribune

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.