Mozambique: Les djihadistes "chassés" de Palma

Dans une récente allocution, le président Filipe Nyusi a affirmé que les rebelles ont été délogés de cette ville portuaire stratégique. L'armée en aurait repris le contrôle.

Le 24 mars dernier, une attaque djihadiste a ravagé la ville de Palma dans le nord-est du Mozambique, occasionnant le déplacement de près de 11.000 personnes, selon l'Organisation internationale pour les migrations.

" Je suis allé récupérer ma famille : ma femme et mes enfants, nous avons dû traverser une rivière et sur notre chemin nous avons croisé des hommes armés qui tiraient sur des civils et d'autres qui s'en prenaient aux civils. Nous avons dû nous enfuir. "

Ces propos sont ceux d'un habitant de Palma. Au micro de nos confrères de la rédaction lusophone. L'homme, comme plusieurs autres témoins, revient sur le calvaire qu'il a vécu ces derniers jours lorsque les djihadistes semaient encore la terreur à Palma, située dans la province de Cabo Delgado, frontalière de la Tanzanie.

Situation humanitaire toujours préocuppante

Après plusieurs jours d'affrontement, la situation semble être revenue à la normale. Lors d'une allocution transmise à la télévision nationale mozambicaine ce mercredi, le président Filipe Nyusi a déclaré que " les terroristes ont été chassés de Palma ", ajoutant cependant qu'il ne faut pas crier victoire car, précise le chef de l'Etat, " nous sommes conscients que nous luttons contre le terrorisme."

Sur place, la situation reste cependant préoccupante vu le nombre de personnes déplacées et celles en demande d'abris, de soins et autres besoins. " Même si le président du Mozambique est optimiste quant à l'évolution de la situation à Palma, celle-ci demeure terrible pour la population. Des milliers de personnes ont dû fuir les combats, quelques milliers seulement sont arrivés dans des villages ou villes après plusieurs jours de marche sans boire, ni manger... Les équipes de MSF ont pu prendre en charge des blessés mais certains n'ont pas pu rejoindre la clinique de MSF et plusieurs milliers sont encore soit cachés, soit en chemin dans des conditions terribles " confie Caroline Gaudron, chargée des affaires humanitaires pour Médecins sans frontières au Mozambique.

Des troubles dans la région depuis quatre ans

Il est bon de rappeler que les premières attaques dans cette région riche en gaz remontent à 2017. Tout porte à croire que les forces gouvernementales se sont montrées incapables de combattre les rebelles qui terrorisent et sèment la violence dans cette partie du pays.

Pour Mme Gaudron, les conséquences de ces attaques continuent d'occasionner des pertes humaines et de nombreux déplacements de populations. " En trois ans et demi, la situation a beaucoup évolué, les violences se sont étendues à plusieurs districts. Les groupes armés sont mieux équipés, plus organisés et préparent des opérations de grande ampleur. Et la population vit dans la peur. Beaucoup ont déjà fui les violences dans des conditions terribles, soit par bateau soit en marchant des centaines de kilomètres. "

Ces récentes attaques ont déclenché une série de réactions de quelques pays occidentaux et des Etats d'Afrique australe. De ce fait, six présidents de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) doivent se réunir en urgence aujourd'hui (jeudi) pour évoquer le sujet.

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