Afrique: Communiqué de la quarante-troisième réunion du CMFI

communiqué de presse

Le comité remercie vivement le gouverneur Lesetja Kganyago pour la façon dont il a dirigé le CMFI et souhaite la bienvenue à sa nouvelle présidente, la ministre Magdalena Andersson.

Nous tenons à exprimer notre solidarité avec toutes les personnes qui ont perdu des proches pendant cette pandémie de COVID-19 ou qui souffrent de ses conséquences. Nous continuerons de travailler ensemble pour mettre fin à la pandémie partout dans le monde et assurer une reprise forte, durable, équilibrée et inclusive.

L'économie mondiale se remet de la crise plus rapidement que ce qui était prévu en octobre dernier, grâce aux mesures sans précédent prises par les pouvoirs publics et à la rapidité avec laquelle des vaccins ont pu être mis au point. Toutefois, les perspectives de reprise sont très incertaines et inégales au sein et entre les pays en raison d'une marge de manœuvre variable, de structures et de rigidités économiques différentes, de facteurs de vulnérabilité préexistants et d'un accès inégal aux vaccins. La forte vulnérabilité financière pourrait présenter des risques en cas de resserrement rapide des conditions financières mondiales. La crise pourrait laisser des séquelles durables et accroître la pauvreté et les inégalités, alors que le changement climatique et d'autres enjeux communs se font plus pressants.

Nous adapterons notre action et renforcerons notre coopération pour sortir durablement de la crise. Nous insistons sur la nécessité d'une étroite coopération internationale pour accélérer la production de vaccins et favoriser leur distribution équitable à un prix abordable pour tous. À cette fin, nous continuons de soutenir le travail de l'Organisation mondiale de la santé, la collaboration Accélérateur ACT et son dispositif COVAX. Nous continuerons d'apporter notre aide aux pays, en l'adaptant à la situation de chacun d'entre eux, jusqu'à ce que les contraintes pesant sur l'activité économique s'atténuent réellement, en continuant de donner la priorité aux dépenses de santé et à l'aide aux groupes les plus vulnérables tout en préservant la viabilité à long terme des finances publiques. Si besoin est, les politiques monétaires devraient rester accommodantes, conformément au mandat des banques centrales. Nous continuerons de surveiller les facteurs de vulnérabilité financière et les risques qui pèsent sur la stabilité financière, et y remédierons le cas échéant, y compris à l'aide de mesures macroprudentielles. Nous resterons attentifs aux déséquilibres mondiaux excessifs et coopérerons pour les réduire progressivement au moyen de mesures macroéconomiques et structurelles propices à une croissance mondiale durable.

Il est essentiel de disposer de paramètres fondamentaux solides et d'appliquer des politiques saines pour assurer la stabilité du système monétaire international. Nous restons déterminés à faire en sorte que nos taux de change soient conformes aux données économiques fondamentales et notons que la souplesse des taux de change peut faciliter l'adaptation de nos économies. Nous continuerons de mener des consultations étroites sur l'évolution des marchés des changes. Nous sommes conscients qu'une volatilité excessive ou des mouvements désordonnés des taux de change peuvent avoir des répercussions négatives sur la stabilité économique et financière. Nous nous abstiendrons de procéder à des dévaluations compétitives et nous n'établirons pas de cible de taux de change à des fins concurrentielles.

Nous renforcerons en outre la coopération multilatérale pour faire en sorte que l'économie mondiale soit inclusive et résiliente. Conformément à l'Accord de Paris, nous nous engageons fermement à faire face au changement climatique en prenant des mesures visant à accélérer les transitions vers des sociétés plus respectueuses de l'environnement et des économies riches en emplois, tout en protégeant ceux qui en subissent les conséquences. Il s'agit de divers ensembles de mesures, mécanismes et initiatives sur le plan des finances publiques, des marchés et de la réglementation qui tiennent compte de facteurs propres à chaque pays. Nous continuerons de collaborer pour exploiter le potentiel de l'économie numérique et intensifierons les efforts en faveur de l'instauration d'un système fiscal international moderne et équitable à l'échelle mondiale. Nous réaffirmons notre engagement à renforcer la gouvernance, notamment en luttant contre la corruption. Nous convenons de la nécessité de promouvoir des politiques commerciales plus ouvertes, stables, équitables et transparentes et de moderniser le système commercial fondé sur des règles sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce ; ces démarches sont essentielles pour stimuler la croissance mondiale. Nous prenons des mesures globales pour aider les pays vulnérables à répondre à leurs besoins de financement. Nous continuerons d'œuvrer ensemble au renforcement des pratiques relatives à la transparence de la dette, tant chez les débiteurs que chez les créanciers, publics comme privés, et de soutenir les efforts déployés par les pays pour préserver la viabilité de leur dette. Le cas échéant, nous encouragerons un traitement rapide de la dette, en y associant largement les créanciers officiels et privés, conformément au principe de la comparabilité de traitement.

Nous saluons le plan d'action mondial de la directrice générale.

Nous saluons également les efforts que le FMI déploie pour aider ses pays membres à surmonter la crise de manière durable. Nous invitons le FMI à formuler une proposition détaillée pour une nouvelle allocation générale de droits de tirage spéciaux (DTS) de 650 milliards de dollars afin de répondre à la nécessité à long terme de compléter les réserves au niveau mondial, tout en améliorant la transparence et la responsabilisation en ce qui concerne l'utilisation des DTS et la communication des données y relatives.

Nous notons avec satisfaction que le FMI aide ses pays membres qui sortent de la phase d'urgence de la crise à passer à des programmes assortis d'un prêt dans les tranches supérieures de crédit. Nous engageons le FMI à examiner comment il pourrait aider davantage les pays vulnérables à faible revenu et à revenu intermédiaire, conformément à son mandat. Nous prions en outre le FMI de collaborer avec ses pays membres pour continuer d'examiner les possibilités d'une libre affectation des DTS après leur allocation et soutenir ainsi leurs efforts de redressement. Nous encourageons le FMI à étudier les possibilités de réforme de ses instruments de financement concessionnel en faveur des pays à faible revenu, à accroître la capacité de prêt du fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, et à obtenir des contributions suffisantes pour une dernière tranche d'allégement du service de la dette au titre du fonds fiduciaire d'assistance et de riposte aux catastrophes, y compris en provenance de nouveaux participants à ces deux fonds. Nous souscrivons à l'assistance accrue que le FMI apporte aux pays fragiles ou en proie à un conflit, aux petits pays et à ceux qui accueillent des réfugiés pour les aider à faire face aux difficultés particulières qu'ils rencontrent. Nous encourageons les pays membres à contribuer au programme de financement du Soudan en vue de l'apurement de ses arriérés envers le FMI et de l'allégement de sa dette dans le cadre de l'initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés. Nous saluons le travail du FMI qui, conjointement avec la Banque mondiale, permet de progresser sur la question de la dette, notamment en continuant de soutenir la mise en œuvre effective de l'initiative de suspension du service de la dette et du cadre commun du G20, également approuvés par le Club de Paris, en examinant des mesures essentielles à cet égard et en mettant en place des outils améliorés pour favoriser une restructuration efficiente de la dette souveraine.

Nous soulignons le rôle essentiel de la surveillance, qui permet de fournir des conseils stratégiques de pointe et de réaliser des analyses macrofinancières adaptées à la situation de chaque pays, en s'appuyant sur un développement ciblé des capacités. Nous attendons avec intérêt l'examen de la vision institutionnelle du FMI sur les flux de capitaux, qui sera notamment mené sur la base du cadre stratégique intégré. Le FMI a un rôle important à jouer, car il peut répondre aux divers besoins des pays membres qui souhaitent obtenir des conseils sur les conséquences macroéconomiques et financières des questions liées au changement climatique. Nous encourageons donc le FMI à intensifier ses travaux afin d'aider ses pays membres à déterminer et à gérer, en étroite collaboration avec ses partenaires, les répercussions majeures du changement climatique, du passage au numérique, des inégalités et de la fragilité sur le plan macroéconomique, et à prendre davantage ces questions en considération dans le cadre de ses activités de surveillance, de prêt et de développement des capacités, conformément à son mandat. Nous réfléchirons au niveau approprié de l'enveloppe budgétaire qui permettra au FMI de disposer du personnel et des compétences nécessaires à l'exécution de son mandat. Nous soutenons également les projets de modernisation en cours et souhaiterions que davantage de progrès soient accomplis en matière de diversité.

Nous réaffirmons notre attachement à un FMI solide, reposant sur un système de quotes-parts et disposant de ressources adéquates, au centre du dispositif mondial de sécurité financière. Nous saluons le doublement des ressources au titre des nouveaux accords d'emprunt et l'ouverture d'un nouveau cycle d'accords d'emprunt bilatéraux. Nous restons déterminés à réexaminer l'adéquation des quotes-parts et poursuivrons la réforme de la gouvernance du FMI dans le cadre de la 16e révision générale des quotes-parts, sur la base d'une nouvelle formule de calcul, d'ici au 15 décembre 2023. Nous nous félicitons du lancement de cette démarche et attendons avec intérêt la présentation du premier rapport d'avancement à l'occasion de l'assemblée annuelle.

Notre prochaine réunion devrait avoir lieu le 14 octobre 2021.

La liste des participants figure à l'adresse suivante : https://www.imf.org/fr/News/Articles/2021/04/08/attendance-list-communique-of-the-forty-third-meeting-of-the-imfc

Présidée Par Mme Magdalena Andersson, Ministre Des Finances De La Suède

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