Burkina Faso: Réconciliation nationale - La justice d'abord pour le PAREN

Aux élections couplées du 22 novembre 2020, le Parti de la renaissance nationale (PAREN) n'a obtenu aucun siège de député. Un résultat suffisamment rare pour ne pas être souligné, puisque la dernière fois que ce parti avait fait une telle contreperformance, depuis sa création en 1999 c'était en 2012.

Ce revers a entraîné la démission de l'ensemble du bureau exécutif du parti et la mise en place d'un comité de réorganisation dont le président est Abdoul Karim Sango. Le jeudi 8 avril 2021, ledit comité a décliné sa lettre de mission aux hommes de médias, non sans s'être prononcé sur la réconciliation nationale et les nouvelles réformes aux examens scolaires.

A cette première sortie du Parti de la renaissance nationale (PAREN) après les élections de novembre 2020, nombreux sont ceux qui s'attendaient à voir le fondateur du parti en personne, Laurent Bado, animer le face-à-face avec les hommes de médias. Ce ne fut pas le cas, mais c'était tout comme, parce qu'il a été représenté par un de ses dignes héritiers, Abdoul Karim Sango, l'ex-ministre de la Culture qui n'a pas été reconduit à son poste lors de la formation du gouvernement Christophe Dabiré II.

Même si son parti n'a plus de fauteuil au Conseil des ministres, le principal animateur de la conférence de presse a affirmé que la PAREN adhère au principe de la réconciliation nationale et soutient l'initiative présidentielle. Et il y a bien des explications à cette option. « Notre parti est bâti sur le socle de la culture africaine dont certaines des valeurs nous prédisposent à la réconciliation nationale : Dieu, le pardon, la tolérance, la solidarité... Comme le disait l'archevêque Desmond Tutu, « il n'y a pas d'avenir sans pardon ». Dans ce sens, le PAREN est conscient qu'il n'y a pas d'avenir possible pour une nation qui refuse de pardonner à ses frères et sœurs qui ont commis des actes graves contre le principe de cohésion sociale », a argumenté Sango.

Et ce n'est pas tout. Selon l'ex-ministre de la Culture, son parti n'a jamais collaboré, que ce fût de près ou de loin, avec un régime politique auteur des pires crimes politiques et économiques de l'histoire politique du Burkina. « Nous faisons partie des gens les plus légitimes pour soutenir un tel processus. C'est nous-mêmes qui devons être devant », a-t-il argué. Si nombreuses sont les personnes qui pensent que la réconciliation nationale mettra du temps avant d'être une réalité si on doit passer par l'étape de la justice, tel n'est pas l'avis des adeptes du professeur Bado. Le tenant du crachoir a suggéré le jugement accéléré et efficace des dossiers emblématiques de crimes de sang. Ces procès, selon lui, loin d'humilier les acteurs et les complices de ces crimes, doivent avoir un caractère pédagogique pour rebâtir la nation sur des valeurs plus sûres.

S'agissant des réformes aux examens scolaires, M. Sango a confié avoir lu et relu le texte sur les réformes mais ne pas voir où se trouve le problème. Par conséquent, il a invité les élèves à rester dans leur rôle d'apprenants car, dit-il, ils n'ont pas encore la maturité nécessaire pour discuter des grandes réformes qui les concernent.

Cette rencontre avec les hommes de médias était surtout l'occasion pour le comité de réorganisation du PAREN de présenter ce qu'il a déjà posé comme actions et de parler de ses chantiers futurs (lire encadré). Ce sont les dysfonctionnements dans l'organisation et le fonctionnement du parti au scrutin passé qui ont prévalu à la création dudit comité. Le prochain congrès extraordinaire du parti, prévu les 28 et 29 mai prochain, sera l'occasion pour les responsables de revenir sur les causes réelles de sa déconvenue électorale.

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