Tchad: Les stratégies du pouvoir pour rester en place

La candidate du PDI Lydie Béassemda en meeting à Laï, dans la Tandjilé.

Le Tchad se prépare pour la présidentielle du 11 avril, occasion pour nous de revenir sur les stratégies développées par le pouvoir pour se maintenir en place.

Plus de 30 ans au pouvoir et un régime qui semble bien parti pour se maintenir en place. Car après trois décennies passés à la tête du pays, Idriss Déby a su tisser un réseau de relais institutionnels puissants qui lui assurent sa longévité. C'est ce qu'explique Narcisse Laldjim, journaliste indépendant et analyste politique.

" L'Assemblée nationale est acquise à la cause du président de la République. Il y dispose d'une majorité. Une autre institution sur laquelle repose également son pouvoir c'est l'armée et ensuite la Cour suprême. Ce sont les militants de son parti qui y sont nommés. Il y a aussi le Conseil économique et social. Même la Haute autorité des médias et de l'audiovisuel où, sur les neuf membres nommés, il y en a au moins trois qui sont désignés par le président de la République " explique t-il.

Outre ces institutions sur lesquels le pouvoir peut compter, Alain Didah, coordonnateur du mouvement citoyen Le temps, évoque les manières plus ou moins directes que le pouvoir utilise pour affaiblir ses adversaires. " Nous avons plusieurs cas d'arrestations et de condamnations pour dissuader les militants et en même temps les leaders. Il y a aussi des cas d'infiltration. Les groupes constitués qui contestent sont infiltrés par le régime pour pouvoir soustraire des informations afin de limiter les moyens d'action de ces organisations. Nous connaissons aussi des cas de corruption. Certains leaders se font corrompre par le régime " précise t-il.

Des accusations de corruption et de débauchage qu'ont récemment évoqués également sur nos ondes des opposants à Idriss Déby comme Mahamat Nour Ahmat Ibédou et Laoukein Kourayo Médard.

Un ralliement qui peut s'expliquer

Pour l'activiste Abel Maina, plusieurs raisons expliquent ces ralliements au pouvoir. " Il y a un problème de conviction, il y a aussi le fait que les gens finissent par se lasser, car ils sont exposés à la misère extrême. L'instinct de survie pousse les gens à ne pas continuer à lutter. Aujourd'hui, au Tchad, être opposant c'est la privation de tout, l'interdiction même de pouvoir travailler, d'accéder à des postes de responsabilité. Même quand on est diplômé " explique l'activiste.

Il faut noter que si pour une raison ou une autre des membres de l'opposition ou de la société civile rallient le pouvoir, des défections sont également à signaler du côté de ce même pouvoir. C'est le cas par exemple de Yaya Dillo, proche du président Idriss Déby, qui a rejoint l'opposition.

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