Congo-Kinshasa: Homme d'Etat ?

Les médias, les réseaux sociaux sont devenus des champs de bataille pour les politiques, qui y crachent du feu à gorge déployée, sombrant souvent dans un abus de langage sans retenue. Règlement de comptes, outrage, légèreté,... dans ces téléréalités populaires télévisées.

Le dernier épisode en date : le feuilleton Néron Mbungu. Le second du patron de la ville-province de Kinshasa s'est déchainé, s'exprimant en langage kinois, avec toute la grinta des bas-fonds, et tenant des propos peu courtois à l'endroit de son supérieur hiérarchique, de l'ensemble du gouvernorat dont il fait partie, mais aussi des élus provinciaux comme lui.

La cause, il se sent mis à l'écart de tous les mouvements rotatifs qui se déroulent autour de lui, et lui passe pourtant sous le nez. Mais,... mis à l'écart des dossiers juteux ou de ses légales attributions qui ne peuvent lui être contestées ? Dans tous les cas, a-t-il usé du bon canal pour mettre à nu son mécontentement dans la gestion de la ville ? Le buzz éphémère de «Mfumu ya banga moyo» s'est vite transformé en triste rebondissement politique. Quelques députés provinciaux ont initié une pétition de défiance contre sa personne, déposée au bureau du président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa qui, lui aussi, vient d'échapper à une attaque du même type.

Bien avant, Néron Mbungu s'est fait déculotter par le Directeur de cabinet du Gouverneur de la ville, par voie de presse dont il s'est servi pour charger Gentiny Ngobila. Des égards, mais surtout un spectacle médiatique désolant auquel la population assoiffée de changements positifs, assiste malheureusement. Ces hommes et femmes d'Etat, occupant des postes à responsabilité, s'illustrent beaucoup plus dans des scenarii propagandistes en quête de sympathie, en lieu et place de se tenir en responsable et autorité établie, et bien évidemment s'attaquer aux véritables problèmes des citoyens.

Tant que la bataille des postes sera restreinte aux simples bousculades et tactiques politiciennes, les acteurs reconnus comme représentants du peuple, ne lutteront que pour la famille restreinte et quelques cousins «emmerdeurs». La carrure n'y est pas, encore moins la compétence.

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