Gambie: Le gouvernement refute les accusations de sabotage du projet de loi électorale

Le Ministre de la Communication et des Technologies de l'Information, Ebrahim Sillah, a fermement rejetté les accusations selon lesquelles le gouvernement de la Gambie avait apporté des modifications au projet de loi électorale 2020.

Le projet de loi a été récemment présenté devant l'Assemblée Nationale pour examen et une analyse profonde de plusieurs étapes.

Le gouvernement est accusé d'avoir procédé à des modifications de la loi électorale contrairement aux vœux et aspirations de la Commission Electorale Indépendante (IEC).

Cependant, le Ministre de l'Information Ebrahim Sillah a déclaré sur les antennes de West Coast Radio ce mardi : " Nous n'avons pas changé un iota au document original. "

Le gouvernement et la Commission Electorale Indépendante sont suspectés d'arborer des incompréhensions et opinions différentes concernant le sujet du découpage électoral et du vote de la diaspora.

Lors d'une récente réunion avec les acteurs et partenaires, le Directeur General des Elections Samboujang Njie a fait cette déclaration concernant le projet de loi électorale :

" D'importantes anomalies ont été observées dans le projet de loi électorale soumis au Parlement. La Commission Electorale Indépendante n'est pas responsable de la présence de ces anomalies dans le projet de loi électorale " a-t-il déclaré.

" Nous pouvons vous informer que tout était en ordre lorsque nous avons complété la dernière validation avec le Ministère de la Justice. "

" L'une des anomalies concernait le découpage électoral car selon le projet de Loi Electorale, le pays ne compte que 41 circonscriptions alors que 53 circonscriptions sont officiellement enregistrées. "

Il a précisé: " La Commission Electorale Indépendante n'a jamais présenté un projet de loi contenant une telle anomalie au Ministre de la Justice. "

" Nous ne pouvons et ne devons surtout pas nous permettre de déprécier, diminuer ou réduire le nombre de circonscriptions de 53 à 41. Nous ne sommes pas les auteurs d'une telle anomalie. "

" Nous avons également observé que certains sujets qui avaient fait l'objet d'accord ne sont pas reflétés dans le document présenté devant le Parlement. "

" Nous voulons dire que le projet de loi présenté au Parlement sous sa forme actuelle découle de la volonté du Ministère de la Justice. "

Le Ministre de l'Information a exprimé son amertume face aux déclarations de la Commission Indépendante Electorale. Il a cependant reconnu que le Ministère de la Justice avait identifié les erreurs commises ce jour-là et les avait rectifiés avant de soumettre le projet de loi à nouveau au Parlement pour débats et les analyses.

" Les erreurs commises le jour où le projet de loi a été présenté devant le Parlement, lorsqu'elles ont été identifiées, ont été immédiatement rectifiées et le projet de loi a été soumis à nouveau devant l'Assemblée Nationale pour débats et analyses " a déclaré Sillah. J'ai donc été énormément surpris par les déclarations de la Commission Electorale Indépendante. "

Il a également déclaré que le gouvernement a exprimé des préoccupations concernant l'intention de la Commission Electorale Indépendante d'effectuer des changements aussi importants, et ce, au cours d'une année électorale. Il estime qu'une telle entreprise pourrait être très difficile.

" La Commission Electorale Indépendante a proposé l'introduction du système de bulletin de vote à papier. Nous avons estimé que ce système non seulement n'a jamais fait l'objet de tests, mais aussi aucun projet pilote n'a été conduit jusque-là en Gambie. Etant donné l'importance des prochaines élections, les enjeux sont donc énormes. "

Il a poursuivi pour dire: " Il ne serait pas raisonnable d'introduire un système qui n'a jamais été testé et éprouvé jusque-là lors des prochaines élections compte tenu du taux élevé d'analphabétisme dans le pays. "

Il a cité comme exemple l'Université de la Gambie (UTG), dont l'utilisation récente du système de vote à papier lors de l'élection du Conseil des Etudiants a été marquée par un taux élevé de bulletins nuls, et ce, malgré leur niveau d'alphabétisation.

" Nous avons donc indiqué que ce projet de changement comporte trop de risques pour une élection d'une telle importance. Nous devons tout d'abord conduire des tests et des projets pilotes pour ensuite tirer les conclusions sur les forces et faiblesses du système de vote à papier.

Il a affirmé que d'autres partis politiques ont fait des propositions similaires.

Il a déclaré que ce sont les seules préoccupations que le gouvernement avait relevées concernant le projet de loi électorale.

Sillah a ajouté que malgré la ferme volonté du gouvernement de permettre aux Gambiens de la diaspora de voter lors d'élections majeures, il existe de nombreuses contraintes en particulier pour les élections législatives qui exigent que tout électeur soit un membre enregistré d'une circonscription électorale particulière.

Il a tenu à indiquer que même les élections présidentielles seront confrontées à des problèmes logistiques liés au vote de la diaspora, ajoutant que : " Il n'est pas raisonnable de la part de la Commission Electorale Indépendante d'essayer d'introduire un nouveau système au cours d'une année électorale sans s'attendre à rencontrer l'opposition des autres acteurs et partenaires du processus électoral. "

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