Afrique: Royaume-Uni - Des questions soulevées au Parlement sur la cruauté envers les animaux à Maurice

Ils veulent des réponses. Des députés du UK's All Party Parliamentary Group for Dog Welfare, des parlementaires et membres du House of Lords en Angleterre ont pris connaissance des protestations et des différentes vidéos de maltraitance dans un des chenils de la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW). Vidéos qui ont suscité la polémique en début d'année. Ces parlementaires britanniques ont exprimé leur indignation.

Par la suite, ils ont fait parvenir leurs questions au Secretary of State for Foreign Commonwealth and Developpement Office. Ce dernier a répondu que : «La maltraitance de tout animal est à déplorer. Le gouvernement britannique s'est engagé à relever les normes du bien-être animal au pays et à l'étranger, et nous pensons qu'il est nécessaire de travailler avec les gouvernements du monde entier pour obtenir un accord sur ces normes. Notre haut-commissaire à Port-Louis a récemment soulevé la question du traitement des chiens errants et abandonnés auprès des autorités mauriciennes. Le haut-commissariat britannique rencontre régulièrement des représentants du gouvernement mauricien pour discuter des valeurs défendues par le Royaume-Uni et continuera à le faire.»

Une lettre en ce sens a été envoyée au Premier ministre, Pravind Jugnauth, ainsi qu'au ministre de l'Agro-industrie, Maneesh Gobin, par le biais du haut-commissariat britannique à Maurice, demandant des éclaircissements et soumettant des idées pour améliorer le traitement des animaux, les conditions des chenils de la MSAW et sur l'Animal Welfare Act à Maurice.

Affecter le tourisme

Dans cette lettre, qui date du 17 février 2021, les parlementaires britanniques expriment leurs inquiétudes par rapport à la cruauté envers les animaux à Maurice et comment cela peut affecter la décision des touristes anglais de choisir Maurice comme destination de vacances à l'avenir. «Nous notons que Maurice est une destination touristique populaire pour les vacanciers britanniques. C'est avec le plus grand respect que nous soulignons que la négligence et la cruauté envers les animaux révélées à la MSAW sapent la promotion internationale de Maurice en tant que destination paradisiaque de vacances», peut-on lire dans la lettre.

De plus, ils ont aussi indiqué dans ladite lettre qu'ils apporteront leur soutien au «développement d'un organisme non gouvernemental indépendant, qui se concentre sur le bienêtre animal afin de soutenir et permettre des progrès positifs dans la gestion du bien-être des chiens.»

D'ailleurs, l'organisation internationale The International Animal Welfare and Protection Coalition (IAWPC), qui représente 26 organisations militant pour le bien-être et la protection des animaux du monde entier, est venue de l'avant pour dire qu'elle était prête à aider Maurice dans le sillage des questions des parlementaires anglais.

Programme inhumain

Le président de l'IAWPC, Les Ward, a d'ailleurs affirmé à l'express par courriel qu'il a clairement fait savoir, pas plus tard qu'en février, que l'organisation «restait prête à utiliser ses connaissances et son expertise pour aider le gouvernement mauricien et son peuple, à mettre fin au programme inhumain et inefficace de contrôle des chiens et le remplacer par un programme national complet de gestion des chiens sans cruauté.»

Cependant, un mois et sept jours se sont écoulés et les députés britanniques et l'IAWPC, regrettent que jusqu'ici aucune réponse formelle du gouvernement mauricien ne leur soit parvenue. Selon des activistes pour le bien-être des animaux à Maurice comme Reda Chamroo, qui est en contact avec l'organisation britannique, le silence des autorités mauriciennes a été perçu comme «un affront» pour les Britanniques.

Nous avons donc tenté de contacter les instances responsables du bien-être animal à Maurice. Un préposé au ministère de l'Agro-industrie nous a indiqué que la lettre des parlementaires britanniques a bien été reçue et qu'une réponse est en préparation. Du côté du bureau du Premier ministre, le conseiller contacté est resté injoignable.

Toutefois, selon des sources concordantes au sein du gouvernement, on apprend que ces «plaintes des députés anglais sont prises avec des pincettes car il ne faut pas oublier que Maurice est en froid avec le Royaume-Uni par rapport au dossier relatif à la souveraineté des Chagos», explique-t-on.

Plus de: L'Express

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