Ile Maurice: Highlands - Les barrages sont érigés autour du village désormais seul

Les habitants de Highlands les voyaient venir. Ces barrages qui ont été dressés, encerclant leur région. Hier, boutiques, commerces et quincailleries ont tous baissé les volets. Ils craignent déjà une pénurie alimentaire et espèrent que ce dispositif renforcé ne fera pas long feu...

Les routes n'ont jamais connu un tel silence. Presque aucun véhicule ne sillonne les rues, si ce n'est que par moments, un habitant essaie de sortir de cette zone rouge. Mais la police veille au grain. Les hommes de la Special Mobile Force qui ont dressé des barrages sur les principaux accès ne laissent sortir personne.

Ce qui n'est pas le cas de Raj. Ce fonctionnaire, qui appartient à un service essentiel, a réussi à sortir de la région, histoire d'aller vite fait sur son lieu de travail, qui se trouve dans les hauts de Vacoas. «Il y a trois accès pour entrer et sortir de la région. Sur deux points à Phoenix et Camp-Fouquereaux, l'on peut essayer de passer, par contre sur celui qui se trouve à Belle-Terre, impossible de circuler. La police interdit l'accès.»

Celui qui habite Highlands depuis son enfance raconte que ce n'est que dans l'après-midi qu'il y a habituelle- ment du mouvement. «En temps normal, c'est calme ici.» En revanche, il confirme que plusieurs personnes ont été emmenées vers les centres de quarantaine. «Hier (NdlR, mercredi), plusieurs personnes ont volontairement fait des tests PCR.» Et c'est également un exercice qui s'est poursuivi hier. En effet, des habitués d'une boutique de même que ses propriétaires ont subi des examens, effectués par les officiers du ministère de la Santé. «C'est bien que l'on fasse ces tests, au moins on sera fixé sur le nombre de personnes qui peuvent être positives au virus», ajoute, pour sa part, Fawzi.

Mais ce qui préoccupe le plus notre interlocuteur, ce sont les denrées alimentaires. «Aujourd'hui même, les marchands n'ont pas livré les pains. Je pense qu'ils n'ont pas eu accès à l'intérieur de Highlands. Mais cette situation va durer pendant combien de temps ?» s'interroge-t-il. De souligner que les autorités ne leur ont pas donné suffisamment de temps pour s'approvisionner, surtout que leur région allait être complètement fermée. «Depuis hier, on entendait dire que la situation continue à s'aggraver dans la région. Et nous avons préféré aller faire des tests PCR plutôt que d'acheter des provisions. Ici, les boutiquiers ont peur d'ouvrir car ils craignent d'avoir des amendes.» Fawzi soulève aussi le fait qu'il a opté de rester chez lui, de peur d'infecter les gens qui se trouvent également en dehors de Highlands.

L'habitant de cet endroit se repasse encore en boucle l'épisode de la soirée de mercredi. «C'était un peu flippant. Le soir, on entendait les ambulances qui ne cessaient de faire des va-et-vient. On voyait la lumière rouge qui s'allumait et la peur que les autorités débarquent chez moi pour emmener les membres de ma famille était omniprésente.»

En tout cas, les rumeurs n'ont pas tardé à courir. Surtout en ce qui concerne une rue spécifique où pas moins de 140 personnes ont été acheminées vers les centres de quarantaine. Pour l'heure, la source de contamination n'est pas encore connue et les autorités ne pipent mot à ce sujet. N'empêche que pour les parents dont les enfants passent leurs examens ou vont le faire bientôt, c'est stressant. C'est un peu le cas d'Aasnabhee Bachun. Son fils, élève au Collège Royal de Curepipe, sera en salle d'examens lundi prochain pour le School Certificate. «On évite de sortir. Il ne faut pas que je sois testée positive. Je ne veux pas que mon fils passe ses examens dans un centre de quarantaine.»

L'élève est déjà au courant des précautions à prendre lors des examens. «Il sait qu'il faudra éviter de serrer les mains de ses amis et qu'il lui faut respecter la distanciation sociale. Heureuse- ment, au niveau du collège, le directeur a également déjà fait part des mesures qu'il va prendre.» En tout cas, la quiétude de Highlands a été ébranlée et personne ne sait encore pour combien de temps.

Plus de: L'Express

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