Afrique: Mission du Club Afrique Développement au Sénégal - Baliser les chemins de la relance économique post-Covid-19

9 Avril 2021

Le Sénégal accueille, sous mode virtuel, la mission multisectorielle du Club Afrique Développement qui, au fil des années, a créé un « marché de l'investissement dans le continent ».

Le Sénégal a accueilli, hier, la mission multisectorielle du Club Afrique Développement. Cette année, coronavirus oblige, la rencontre, qui associe panel d'échanges et rencontres B2B (plus de 200 chefs d'entreprise pour cette édition), s'est déroulée en mode virtuel autour du thème : « Relance post-Covid-19 : quelles dynamiques de croissance et de transformation pour les économies africaines ».

La pandémie a jeté « une lumière crue sur les faiblesses de nos économie » mais aussi sur les « forces » sous-jacentes, constate, dans son allocution d'ouverture, Mounir Oudghiri, Directeur général de Cbao, co-organisatrice de cet évènement avec l'autre filiale sénégalaise du groupe Attijariwafa Bank, Crédit du Sénégal. Alors que le continent est relativement épargné par la pandémie (108 000 morts et une récession moins sévère que le reste du monde), l'ancien Premier ministre béninois Lionel Zinsou, l'un des panélistes, insiste sur la « fragilité sociale » en Afrique.

En effet, le revenu moyen par habitant a reculé de 6 % sur le continent alors qu'il est resté stable, voire en hausse (+0,5 % en France et +6 % aux États-Unis) dans les pays développés, souligne le banquier d'affaires, faisant de la « reconstruction » des filets sociaux la priorité de l'après-Covid-19. Faisant également partie des pénalistes, L'économiste sénégalais Shérif Salif Sy soutient que le coronavirus a « freiné » l'élan de l'Afrique qui restait sur deux décennies de croissance. « Nous sommes dans une situation d'incertitudes ; tout reste à faire », note, de son côté, un autre économiste sénégalais, Souleymane Astou Diagne.

La question de la dette s'est invitée dans les débats durant le panel, faisant ressortir des divergences d'analyse. Alors que Lionel Zinsou qui défend une vision résolument optimiste de la réponse africaine à la pandémie estime « qu'il faut arrêter de s'alarmer sur la dette africaine », Shérif Salif Sy rétorque, lui, qu'on « ne peut pas occulter » cette question. Le Sénégalais convoque l'histoire pour mieux attirer l'attention sur le problème de « gestion » de la dette africaine. Le Franco-béninois défend qu'il y a une « bonne dette ». « Si on s'endette à 4 ou 6 % pour des investissements dans des projets qui ont un taux de rendement de 12 à 15 %, c'est une bonne dette », dit-il.

D'après le Fmi, l'Afrique aura besoin de 1200 milliards de dollars pour relever les défis de la relance économique sur la période 2021-2023. Pour l'Uemoa, le besoin est estimé à 6000 milliards de FCfa. Un défi qui nécessite une synergie d'actions. La mission multisectorielle vise justement à créer cette synergie par la réflexion et la mise en relations entre les entreprises et les États africains. « Nous avons créé le marché de l'investissement en Afrique », déclare Mouna Kadiri, la Présidente du Club Afrique développement.

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